Le 10e anniversaire de l'« Approche de la gestion de la réincarnation du Rinpoché du bouddhisme tibétain »

Publié le 2017-11-01 à 10:58  |  China Tibet Online

Le 1er septembre 2007, « l'Approche de la gestion de la réincarnation du Rinpoché du bouddhisme tibétain », promulguée par le Bureau des affaires religieuses de l'État, a formellement été mise en œuvre. C'est une mesure importante du gouvernement de la Chine pour protéger la liberté de croyance religieuse des citoyens conformément à la loi. Aujourd'hui, l’« Approche » a été mise en œuvre depuis dix ans, et un certain nombre de travaux d’identification de Rinpoché furent achevées. Le système de réincarnation du Rinpoché a été entièrement respecté et son héritage est préservé.

L’histoire se poursuit

Depuis la dynastie des Yuan du XIIIe siècle, le gouvernement central de la Chine a officiellement mis en œuvre une gestion efficace du Tibet, et peu à peu il a formé des lois, de règlements et de systèmes pertinents pour la sphère supérieure du bouddhisme tibétain y compris pour le Rinpoché.

Pendant la dynastie des Yuan, la faction Karma Kagyu du bouddhisme tibétain utilisait l'incarnation et la réincarnation comme une façon de résoudre les questions d’héritage du pouvoir religieux. Ce fut la première fois dans l'histoire du bouddhisme tibétain que l’on confirmait la réincarnation dans un jeune enfant d’un membre de la génération plus âgé. Par la suite, les sectes bouddhistes tibétaines ont poursuivi cette tradition.

Durant les quelques centaines d'années de pratique de la réincarnation, des rituels spirituels pour trouver les réincarnations devinrent de plus en plus établis, dont les plus importants sont : la prière de réincarnation, l’interrogation des présages, l’observation des lacs sacrés, et la recherche secrète.

Le plus grand système de réincarnation du Rinpoché de la secte Gelugpa, le Dalaï-Lama et le Panchen Erdeni, a été introduit par le gouvernement des Qing en 1653 et 1713, et ils reçurent des timbres d'or, ce qui a établi la coutume de confirmation par lettre par le gouvernement central du Dalaï-Lama et du Panchen Erdeni. En 1793, l’empereur Qianlong a établi un système de loterie par bol d’or, formant la méthode et la coutume historique de gestion de la réincarnation du bouddhisme tibétain par le gouvernement central de la dynastie des Qing.

Depuis, le système de gestion de la réincarnation du Rinpoché a été amélioré. En 1935, le gouvernement de la République de Chine a continué l'histoire de la coutume de la dynastie des Qing, et a promulgué le « Règlement sur la gestion des temples des Lamas ». En 1936, « l’Approche de la réincarnation des Lamas » fut promulguée à l’égard des questions légales importantes liées à la réincarnation du Rinpoché comme le Dalaï-Lama et le Panchen Erdeni.

La réincarnation du 10e Panchen Lama

Dans cette nouvelle ère, la région autonome du Tibet et les régions tibétaines des quatre provinces ont achevé la réincarnation d'un certain nombre de Rinpoché. L'un des plus remarquables fut celle du 10e Panchen Erdeni. En 1989, le 10e Panchen Lama est décédé. Pour les travaux de recherche de la réincarnation du 10e Panchen Lama, le Rinpoché Drukhang a révélé quelques détails: « Le 10e Panchen Lama est venu à Nagchu en 1985 pour prier. Il a dit à plusieurs reprises qu’il aimait vraiment Nagchu et les zones pastorales, et qu’il reviendrait surement à Nagchu plus tard. » Cela est devenu une prophétie pour la découverte de sa réincarnation. Finalement, son enfant de réincarnation est apparue à Nagchu (comté de Lhari). »

Le travail de recherche et de confirmation de la réincarnation du 10e Panchen Lama fut strictement conforme aux rituels et procédures religieux. Selon le célèbre érudit tibétain Luba Ping Phuntsok: le processus de réincarnation d’un Rinpoché n'est pas une procédure simple, surtout pour  les Rinpoché au-dessus de Hutuktu, comme le Panchen Lama et le Dalaï-Lama. La réincarnation des jeunes doit être approuvée par le gouvernement central, qui doit donner son approbation, et ensuite peut commencer le travail de recherche de l’enfant spirituel. Le 29 novembre 1995, la cérémonie de pige dans un bol d'or fut organisée devant la statue du Bouddha Sakyamuni dans le temple de Jokhang de Lhassa. Le 8 décembre, le 11e Panchen Lama fut formellement intronisé. C'est le plus haute et la plus influente réincarnation depuis la fondation de la nouvelle Chine.

La réincarnation du 5e Rinpoché Dedrup

Le 6e Rinpoché Dedrup Jamyang Sherab Palden de Lhoka au Tibet est le premier Rinpoché confirmé par le système de loterie par bol d’or après la promulgation de l'« approche de la gestion de la réincarnation du Rinpoché du bouddhisme tibétain ».

Le Rinpoché Dedrup est un Rinpoché du monastère de Zagor du comté de Lhünzê, à Lhoka, au Tibet. Selon l'histoire, le Rinpoché Dedrup était l’exemple d’un fervent croyant, et il a servi à plusieurs endroits comme Gandan Chiba (le premier moine dans les temples de la secte Gelugpa). En raison de la plus grande influence de ce Rinpoché dans le monde bouddhiste, le gouvernement local fait très attention à la recherche et à l'identification du garçon porteur de l'âme réincarnée.

Le 11 mars 2000, le 5e Rinpoché Dedrup Jamyang Kelzang Gyatso est mort. Le gouvernement du peuple de la région autonome du Tibet, en conformité avec « l'Approche de la gestion de la réincarnation du Rinpoché du bouddhisme tibétain », a composé un groupe de recherche de l'âme réincarnée respectant les rituels religieux et la coutume historique. À travers une recherche secrète dans plus de 900 cantons dans 18 comtés, peu à peu, on a réduit la gamme des candidats de 25 à 4, et finalement, on a choisi deux garçons dont les signes positifs étaient les plus évidents. Le 4 juillet 2010, devant la statue du Bouddha Sakyamuni du temple de Jokhang à Lhassa, le nom fut pigé dans un bol d’or par le Panchen Erdeni, identifiant ainsi la réincarnation de l’âme du 5e Rinpoché Dedrup, qui fut approuvé par le gouvernement de la région autonome du Tibet. Le 11e Panchen Lama a ordonné le 6e Rinpoché Dedrup, et lui a donné le nom de Dedrup Jamyang Sherab Palden. Le 2 août 2010, la cérémonie d’intronisation du 6e Rinpoché Dedrup Jamyang Sherab Palden a eu lieu dans le monastère de Zagor du comté de Lhünzê.

Le Rinpoché Chogyal

Le  31 juillet 2014, l'enfant dans lequel s’est réincarnée l'âme du Rinpoché Chogyal Kangyur du 19e Rinpoché Chogyal Lotsang Yexi Geleg Gyatso devint le 20e successeur de Chogyal lors d’une cérémonie tenue dans le monastère de Chamdo Champa Ling dans la préfecture autonome tibétaine de Yushu de la province du Qinghai.

« L'approche de la gestion de la réincarnation du Rinpoché du bouddhisme tibétain » prévoit qu’après la réincarnation du Bouddha, l'organisation de gestion du monastère où se trouve le moine doit formuler un plan de formation, et recommander des professeurs.

Par conséquent, avant d'hériter officiellement du statut de Rinpoché Chogyal, le 20e Rinpoché Chogyal a dû d'abord se rendre dans le temple de Gongsa pour suivre des cours de connaissance culturelle, des écritures bouddhiques et plus d'une douzaine d’autres cours. Après avoir terminé sa phase d'étude de base, il a aussi poursuivi ses études à l'Institut bouddhiste de Beijing et de Lhassa. Le 20e Rinpoché Chogyal, bien qu’âgé de seulement 8 ans, montrait un talent et une intelligence hors du commun, et il apprenait les choses très vite, et il était aussi vraiment studieux. Le temple de Gongsa a également développé un programme d'étude bouddhiste étape par étape spécialement pour lui. Aujourd'hui, le jeune Rinpoché étudie durement, et se consacre à sa pratique.

En tant que premier règlement administratif de gestion de la réincarnation du bouddhisme tibétain de Chine, « l'Approche de la gestion de la réincarnation du Rinpoché du bouddhisme tibétain » protège les droits religieux des croyants, respecte la voie et les rituels religieux du bouddhisme tibétain, régule les reliques du bouddhisme tibétain, maintient l'ordre normal du bouddhisme tibétain, et assure le développement sain du bouddhisme tibétain. Depuis 10 ans, « l’Approche » a reçu des éloges des moines bouddhistes tibétains, des savants et des érudits tibétains, et des gens de tous les horizons de la vie.

Rédigé et traduit par China Tibet Online
(Rédactrice: Caroline)