Pèlerinage : une visite au monastère de Samyé

Publié le 2018-06-12 à 15:20  |  China Tibet Online

Des deux côtés du portail de la salle principale, les moulins à prières brillent sous les mains d’adeptes et de bonzes

Une cloche datée d’il y a mille ans, typique du style Tang au portail de la salle principale – la première cloche de bronze identifiée dans l’histoire tibétaine

Le monastère, entouré de mystère sous l’éblouissante lumière d’été

A peine sorti par le portail du monastère, je m’enlise de nouveau dans les mondanités. Quand le soleil frappe à nouveau mon visage, je me suis rendue compte que le monastère de Samyé était déjà loin derrière moi.

Le tintement de la cloche m’a transporté au 8ème siècle à l’époque de Trisong Sera il y a deux heures de cela. Tel un mouton, j’ai assisté à la cérémonie de la première pierre tenue par le roi tibétain Trisong Detsen, et j’ai pu assister à la construction de ce premier monastère bouddhiste au Tibet sous l’égide du grand maître Padmasambhava. Des milliers d’années après l’inauguration de l’édifice, les pèlerins ne cessent de venir y pratiquer le Bouddhisme. A travers les lampes à beurre, de l’eau dans des bols de bronze et des statues variées de Bouddha se révèlent des écritures bouddhiques mystérieuses.

Accompagée par une fumée blanche d’encens tibétain, je suis flotte dans la salle Wuzi. A première vue, j’étais bouleversée au spectacle des bonzes assis en bon ordre à table, dans des clairs-obscurs de lampes à beurre. Une trompette-corne de dix mètres et une grosse caisse de deux mètres de diamètre dénouent inexorablement le lien des visiteurs avec toutes les mondanités. Curieusement, ces instruments de percussion m’ont guère agacée, au contraire ils ont suscité chez moi un respect et une révérence, et non pas une culte ni une crainte. C’est avec ces sentiments que je pénétrais dans la partie postérieure de la salle où résident une dizaine de statues colossales du Bouddha, des objets magiques à la main, dans différentes postures et physionomies. Entre-temps, une Tibétaine âgée se traînait dans la salle, s’approchait du Bouddha par prostration, et effleurait le socle de la statue de son front. Sa mine nerveuse était devenue tout à coup tranquille, son regard désireux était quant à lui satisfait. Comme quoi je supposais qu’elle avait accompli un exploit dans la vie.  

J’ai ensuite suivi un jeune bonze se précipitant vers la sortie, pris un escalier de bois vertical pour monter au premier étage puis au deuxième, où une chambre secrète m’a fait comprendre profondément à quel point les bonzes étaient dévots et respectueux envers le bouddhisme. Afin de gagner ladite chambre, il m’a fallu monter sur une grande échelle dissimulée dans un espace de trois mètres carrés entre les murs intérieur et extérieur. Quel endroit pour se retirer du monde ! En murmurant ces mots-là, je sorti de la cellule, de biais, avant que le jeune bonze ne ferme la porte. En dehors de la salle principale, quand je flânais dans la rue en sortant, je n’arrivais plus à me concentrer, et ce qui me restait à l’esprit n’était que des murs détériorés où figuraient de fabuleuses fresques. Soudain, le son de la cloche m’a ramené à laréalité, où je me trouvais distancé par mes collègues. En effleurant de la main des moulins à prières, j’ai accélérée le pas.

(Rédactrice: Caroline)