Le port de Lianyungang relie le Kazakhstan au Pacifique

Temps: 08.06.2017, 11:59 Source:French.china.org.cn

Le port de Lianyungang dans la province orientale chinoise du Jiangsu est un vétéran dans les liens terrestres et maritimes en Eurasie. Dans le cadre de l’initiative des nouvelles Routes de la soie terrestre et maritime proposée par le Chine et la politique de « Voie vers l’avenir » du Kazakhstan, il joue un rôle encore plus important dans le renforcement du commerce bilatéral sino-kazakh.

De mercredi à samedi, le président chinois Xi Jinping effectuera une visite d’Etat au Kazakhstan et participera à la 17e réunion du Conseil des chefs d’Etat de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS).

Le Kazakhstan vise à se transformer d’un pays enclavé (« land-locked ») en un pays connecté (« land-linked ») et de servir de pont terrestre entre l’Asie et l’Europe avec l’aide du port de Lianyungang, qui gère 60 % des activités de fret pour les pays d’Asie centrale.

Le 5 février, le Kazakhstan a exporté 720 tonnes de blé au Vietnam. Celui-ci a été transporté par rail, entrant en Chine par le port intérieur d’Alashankou dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang (nord-ouest de la Chine) et continuant jusqu’au port de Lianyungang, où il a été chargé sur des navires pour la dernière étape de son voyage.

Cet événement a marqué le premier transfert transnational du blé kazakh par la Chine, ainsi que l’ouverture d’une voie sino-kazakhe de transport de céréales, indiquait ce jour-là la China National Radio.

Comparé au blé australien transporté par mer, le coût du blé kazakh est moins cher de 45 dollars par tonne et l’utilisation d’un transport multimodal permet de réduire le temps de transport de dix jours.

Près de 500 000 tonnes de blé kazakh devraient être expédiées vers l’Asie du Sud-Est cette année. Ce passage a été rendu possible grâce au Centre logistique Chine-Kazakhstan construit sur le port.

Un employé de KTZ Express - une entreprise logistique multimodale basée à Lianyungang, qui supervise les activités du Centre logistique Chine-Kazakhstan - déclarait mardi que le transport de blé était pour l’instant le seul chargement crucial que le Kazakhstan avait envoyé à l’étranger cette année. Les livraisons extérieures kazakhes restent relativement faibles.

« Les livraisons intérieures envoyées au Kazakhstan forment la majeure partie des marchandises. Elles incluent des produits électromécaniques, des produits électroniques et des pièces détachées automobiles. La plupart des cargaisons sont originaires de Chine, du Japon et de Corée du Sud. Ces articles sont chargés sur des trains à Lianyungang et voyagent non-stop jusqu’au Kazakhstan, sortant de Chine par Khorgos et terminant leur voyage à Almaty », explique ce membre du personnel.

En-dehors du blé, le Kazakhstan exporte également des fines de minerais de fer, mais ses exportations – tout comme celles des pays d’Asie centrale en général – restent relativement limitées.

Constituée de la Ceinture économique de la Route de la soie et de la Route de la soie maritime du XXIe siècle, l’initiative des nouvelles Routes de la soie fut proposée en 2013.

Pour les experts, même si les exportations totales des pays d’Asie centrales restent limitées, l’initiative des nouvelles Routes de la soie a ouvert la porte à l’augmentation à venir des activités commerciales.

Zheng Ping, analyste en chef du portail industriel Chineseport.cn, estime que Lianyungang a été le pionnier chinois du pont terrestre eurasiatique, mais avec le développement du réseau ferroviaire chinois, de plus en plus de villes commencent à établir leur propre connectivité entre le Pacifique et l’Europe, et le statut du port en tant que vétéran est aujourd’hui remis en jeu.

« Etant donné la petite taille de l’économie kazakhe et ses volumes limités de fret, l’importance du ce port sur le commerce ne devrait pas être exagérée, explique-t-il. Il faut cependant réaliser, que le large soutien international pour l’initiative des nouvelles Routes de la soie a permis aux acteurs du secteur de faire face aux problèmes entravant la fluidité logistique entre la Chine et l’Europe, comme les différentes normes nationales. Ces efforts ont permis de faire avancer grandement le statut du transport international multimodal. »

Toujours plus d’efforts sont réalisés pour faciliter les activités des entreprises et la valeur du port de Lianyungang ne devrait pas être simplement perçue comme un soutien au commerce sino-kazakh : les autres pays le long des nouvelles Routes de la soie pourraient certainement bénéficier de son développement.

La fonction du port de Lianyungang est de servir tous les membres de l’OCS. Selon les données douanières, il a envoyé 192 trains de marchandises transportant 187 000 tonnes de fret vers l’Europe au cours des quatre premiers mois de l’année.

(Rédactrice: Caroline)