[Jours dans le nord du Tibet] Énergies solaire, géothermique et éolienne

Publié le 2021-02-26 à 17:37  |  China Tibet Online


Les nouveaux lampadaires solaires installés des deux côtés d'une route dans le comté de Bangoin, dans le nord du Tibet. (Photo prise par Tang Zhaoming en 2009)

Pendant des milliers d'années, les bergers du nord du plateau du Tibet mangeaient du bœuf et du mouton, brûlaient des bouses de yack et de mouton et s'éclairaient au beurre. Le mot "énergie" n'était ici qu'un concept et qui ne signifiait pas grand-chose pour les locaux. Maintenant, c'est toute une autre histoire.

Depuis l'ouverture à circulation de la route Qinghai-Tibet dans les années 1950, le plateau du nord du Tibet est devenu de plus en plus prospère. Cependant, la pénurie énergique préoccupait toujours la population du plateau du nord du Tibet. Autrefois, une fois dans la nuit, les générateurs diesel dans tous les comtés et les établissements de la ville de Nagqu rugissaient, devenant un caractère de la prairie silencieuse à l'époque. Le pétrole, le charbon et le bois de chauffage n'étaient pas les choses faciles à obtenir dans le nord du plateau du Tibet, même la bouse de yack voyait son prix augmenter de jour en jour.

À l'aube du XXIe siècle, je suis allé revisiter le plateau du nord du Tibet, en particulier les quatre comtés de Bangoin, Tsonyi, Nyima et Xainza à l'ouest, et j'étais agréablement surpris du fait que de nouvelles sources d'énergie s'y étaient vigoureusement développées.


Une bergère du comté de Xainza utilisant une cuisinière solaire pour faire bouillir de l'eau et cuisiner de la viande dans le plateau du nord du Tibet. (Photo prise par Tang Zhaoming le 13 octobre 2005)

Dans le nord du plateau du Tibet, maintenant partout dans la ville, on peut voir des lampadaires solaires, des bâtiment et maisons munis de chauffage à énergie solaire, et des rangées de chauffe-eau solaires en pente sur les toits. On voit même souvent des panneaux et des cuisinières solaires placés devant la fenêtre, sur le toit et dans la cour des maisons de bergers.

Le Tibet est la deuxième région la plus riche au monde en termes d'énergie solaire, après le désert du Sahara africain qui fait une grande chaleur toute l'année. À Lhassa, la quantité de chaleur solaire par heure reçue par chaque mètre carré de terre est équivalente à celle émise par un fourneau électrique d'un kilowatt pendant une heure. Le plateau du nord du Tibet est surnommé le "toit du toit du monde", avec des heures d'ensoleillement encore plus longues et un rayonnement solaire encore plus fort. La chaleur du soleil là-bas dépasse celle de Lhassa, ce qui le rend connu sous le nom de la "ville de soleil ".


Dans la maison de retraite équipée du chauffage solaire, de l'éclairage au silicium et des cuisinières solaires dans le comté de Nagchu (aujourd'hui rebaptisé district de Seni) En photo : dans le nord du Tibet, des personnes âgées essuyant les vitres de la salle de chauffage et les panneaux en silicium. (Photo prise par Tang Zhaoming en 1988)

En plus d'utiliser l'énergie solaire pour produire de l'électricité et cuisiner, les habitants du nord du Tibet s'en servent également pour le jardinage en serre et le chauffage intérieur. Dans l'ouest du nord du Tibet, les pionniers ont recouru à l'énergie solaire pour la production de légumes afin que les bergers ne s'inquiètent plus de l'approvisionnement des légumes frais, même en hiver.


De nouvelles serres à légumes alimentées par l'énergie solaire près du comté de Xainza, dans le nord du Tibet, qui ont résolu la difficulté de la population locale à manger des légumes. (Photo prise par Tang Zhaoming le 4 juillet 2001)

Un soleil dans le ciel et un champ chaud sous le sol. Dans les années 1980, une variété de légumes frais a été cultivée pour la première fois dans la ville de Nagqu dans des serres géothermiques. Deux serres géothermiques d'une superficie totale de 1 800 mètres carrés, avec des tuyaux de chauffage géothermique placés autour et dans l'air, ont pu maintenir la température de nuit intérieure à plus de 8 degrés Celsius en hiver alors qu'il faisait un froid glacial de - 30 degrés Celsius en dehors, fournissant aux légumes de bonnes conditions de croissance.

Le district spécial de Tsonyi (comté de Tsonyi d'aujourd'hui) a également utilisé sa géothermie abondante pour construire un bain thermal dans le canton de Toma afin de traiter les maladies de la peau, l'arthrite, les rhumatismes et autres affections.

Le plateau du nord du Tibet est une grande zone de vent en Chine où la densité d'énergie éolienne atteint 150 à 200 watts par mètre carré. Les ressources en énergie éolienne y sont exceptionnellement riches. Dans le comté de Tsonyi par exemple, il y a plus de deux cents jours de grand vent par an.

Depuis l'exploitation des énergies soutenue financièrement par l'État en 1984, la station d'expériences d'énergie éolienne de Nagqu a mis en place 287 éoliennes de 100 watts, qui sont dispersées dans les 11 comtés et endroits de Nagqu.


Des techniciens de la station d'expériences d'énergie éolienne de Nagqu entretenant les éoliennes des bergers du canton de Gatso à Tsonyi. (Photo prise par Tang Zhaoming en 1988)

En 1988, j'ai suivi des techniciens d'entretien des éoliennes pour venir dans le canton de Gatso et j'ai été hébergé chez le forgeur Rimar.

Derrière la maison de Rimar est érigé un poteau de fer de cinq ou six mètres de haut avec des pales qui tournent au vent. Il s'agit d'une petite éolienne populaire auprès des éleveurs. Il pèse au total 75 kilogrammes et l'électricité qu'il produit peut être stockée, ce qui le rend idéal pour un usage domestique. Une fois démonté, l'appareil peut être transporté par un yack.

Pour les éleveurs très dispersés et mobiles vivant dans des zones inhabitées, il est plus pratique d'utiliser les énergies éolienne et solaire que d'autres énergies.


En photo : une centrale solaire photovoltaïque nouvellement construite dans le comté de Tsonyi, au nord du Tibet. Les plaques de panneaux noirs érigées au premier plan de la photo sont des panneaux photovoltaïques en silicium pour produire de l'électricité (Photo prise par Tang Zhaoming le 25 juillet 2017)

Les énergies du soleil, du sous-sol et du vent dans le nord du Tibet ont réellement fait à la population d'éleveurs dire adieu à l'éclairage au beurre ancestral. Avec ces énergies nouvelles, ils peuvent désormais regarder la télévision, utiliser le réfrigérateur et le téléphone portable et réaliser la mécanisation dans le broyage de la tsampa, la production du beurre et d'autres aspects, démarrant ainsi une nouvelle vie moderne.

(Rédactrice : Claire SHENG)