Gangjo, un jeune enseignant tibétain dans un village reculé à Litang, au Sichuan

Publié le 2020-05-08 à 14:41  |  China Tibet Online

« Ga, ka, ha, a... ». Le 16 avril, les élèves de première année à l'école primaire du canton de Hayi, dans le comté de Litang, dans la province du Sichuan (sud-ouest de la Chine) répètent suite à leur professeur qui lit les lettres tibétaines, qui résonnent dans cette profonde vallée à 3 500 mètres d'altitude.

Gangjo est un jeune Tibétain né dans le village de Hayi, dans le canton de Hayi, dans le comté de Litang. En 2007, il venait de créer sa propre entreprise dans le centre-ville du comté de Litang. À cette époque, dans ce village isolé de Hayi, la mentalité des villageois était toujours basée sur le principe « vivre du ciel ». Personne ne savait comment changer la situation de pauvreté dans le village.

L'éducation est fondamentale pour mettre fin à la transmission intergénérationnelle de la pauvreté. En observant les enfants de son village, un fort désir est né dans le cœur de Gangjo : faire en sorte que ces enfants lisent de bons livres.

En septembre 2010, Gangjo est devenu enseignant suppléant à l'école primaire du canton de Hayi. Dès lors, il a consacré sa jeunesse à la carrière d'éducateur à laquelle il aspirait et qu'il aime tant désormais.

« À l'occasion du 40e anniversaire de la fondation de la préfecture autonome tibétaine de Garzê, mon grand-père, Luojung Sherab, et ma grand-mère, Ah Zhen, ont accompli des progrès dans les premières années de la cause de la libération du peuple multiethnique de Garzê. Pour cela, ils ont été félicités par le gouvernement de la préfecture », a déclaré Gangjo. « Inspiré par eux, aujourd'hui, dans cette nouvelle ère, j'espère aussi pouvoir apporter une modeste contribution au développement de ma ville natale. »

Devenir enseignant dans des villages de montagne, pour beaucoup de gens, cela implique la solitude et la pauvreté. Mais Gangjo aime ce poste et ne veut pas l'abandonner. « Il y a tellement de gens dans les affaires maintenant. Tu peux te trouver un emploi à Chengdu et tu gagneras beaucoup plus qu'actuellement », un ami lui a conseillé. Mais les dizaines d'enfants de Hayi occupent la place de priorité dans son cœur. C'est aussi une promesse qu'il leur a faite.

Chaque été, pendant la saison des pluies, certaines sections de la route sont exposées à des risques de glissements de terrain et de coulées de boue. Chaque hiver, les routes sont couvertes de glace. Lorsque le temps est mauvais, Gangjo aide lui-même à transporter les élèves à travers l'eau stagnante ou la glace. La jambe de Gangjo lui fait mal depuis son enfance. Il ne peut pas courir ni sauter en raison de ce handicap. Mais il peut transporter des étudiants de 30 ou 35 kilos sur son dos sans dire un mot. Il serre les dents et marche en avant, un pas à la fois. Même s'il est fatigué et souffrant, il n'a jamais laissé tomber un étudiant.

Afin que les étudiants locaux puissent mieux comprendre le contenu des cours, Gangjo enseigne avec diligence et utilise des méthodes d'enseignement bilingue. Les cours de langue tibétaine qu'il enseigne reposent sur un style d'enseignement intéressant, pratique, vivant et nouveau, permettant aux étudiants d'apprendre le tibétain dans une atmosphère détendue et agréable. Son école lui a décerné à plusieurs reprises le titre « d'excellent enseignant ».

Ongmo (pseudonyme) est un étudiant qui est paralysé et restreint à son lit. Le village où il habite est le plus éloigné du canton et le trajet dure plus de deux heures en voiture. Afin de garantir que ces enfants spéciaux apprennent autant que les autres enfants, Gangjo et les autres professeurs ont fait une randonnée dans les montagnes de plus de 4 heures aller-retour en voiture, afin de faire des « visites pédagogiques » au domicile des étudiants plusieurs fois par mois. Les étudiants apprennent les bases de la langue chinoise, des mathématiques, de la langue tibétaine et d'autres matières. Les enseignants achètent souvent des crayons, cahiers et autres articles de papeterie et même des fruits aux élèves en difficulté. Cela encourage ces enfants à améliorer leur confiance en soi, à étudier dur et à changer leur destin en accumulant des connaissances.

(Rédactrice : Claire SHENG)