Samdrup : de jeune pasteur à « enrichisseur » de son village

Publié le 2019-05-30 à 15:31  |  China Tibet Online

Samdrup (à droite) et sa fille Tsering Quzhen.

Profil:

Samdrup, né en 1945, a 74 ans cette année. Il vit actuellement dans le village de Lilong, du canton de Baidui, dans le comté de Sangri de la ville de Shannan. Les parents de Samdrup et sa sœur sont morts pour cause de maladie avant la réforme démocratique au Tibet. Une autre sœur a été vendue au manoir de Caiba comme esclave. Samdrup est aussi devenu un serf dans le temple de Lilong.

Après la réforme démocratique, Samdrup a été reçu par l'école. Il y a appris le tibétain et l'arithmétique, et grâce à ses propres efforts, il est devenu un cadre au niveau du canton. Aujourd'hui, il peut recevoir une pension de 3 100 yuans (environ 400 euros) par mois. Ses quatre enfants ont déjà leur propre famille. Certains de ses petits-enfants sont à l'université et d'autres au collège.

En parlant de l'ancien Tibet, Samdrup, aujourd'hui un vieil homme, est amer. Quand il avait 4 ans, ses parents effectuaient un travail physique pénible depuis longtemps. Pour cela, ils sont tombés malades et sont décédés. Peu de temps après, une de ses sœurs est également tombée malade et est morte. Plus tard, le gestionnaire du temple de Lilong a vendu une autre sœur de Samdrup au manoir de Caiba.

Tout seul et encore très jeune, Samdrup n'avait d'autres choix que de quêter. Heureusement, un serf nommé Gayu s'est occupé de lui. À 8 ans, Samdrup a été forcé par le gestionnaire du temple de Lilong de revenir au temple, après quoi il est devenu pasteur pour le temple. « À l'époque, nous avions trois personnes pour faire paitre plus de 300 moutons, une vingtaine de yaks, de chevaux et d’ânes », dit Samdrup. « Les deux autres étaient des adultes, seul moi étais encore un enfant, et comme j'étais jeune je n'étais pas très bon pour faire paître le bétail, je recevais fréquemment des coups. »

Dans le pâturage, un jour, un agneau a été enlevé par un aigle. Le gestionnaire l'a tant frappé de coups de fouet que Samdrup ne pouvait plus marcher. Le lendemain, il a dû supporter la douleur et continuer à travailler.

Dans le vieux Tibet, « il existait de nombreux types de sanctions, et le temple Lilong disposait de plusieurs outils de torture », dit Samdrup. Samdrup dit qu'à cette époque, les rations de tsampa pour une journée étaient très peu, et il n'y avait rien d'autre à manger. Juste au moment où Samdrup sentait qu'il était sur le point de mourir de faim, le Tibet a entamé une vigoureuse réforme démocratique.

Après la réforme démocratique, Samdrup est entré à l'école. Il a appris le tibétain et l'arithmétique. Ce temps d'études était un moment merveilleux dans la vie de Samdrup. Samdrup dit: « Sachez que dans le vieux Tibet, la lecture était le privilège de la noblesse. Les enfants des serfs n'osaient même pas penser à lire. »

En 1984, Samdrup a ouvert le premier magasin du village de Lilong. « Lorsque j'ai gagné mes premiers sous, les villageois ont cessé d'être méfiants et ont commencé à m'envier, et ensuite, ils ont emboité le pas », a déclaré aux journalistes Samdrup.

Samdrup peut maintenant recevoir une pension de 3 100 yuans par mois, et il n'a plus de soucis dans la vie. Mais ce qui est le plus gratifiant pour lui, c'est que ses enfants ont tous formé leur propre famille. Certains de ses petits-enfants sont à l'université et d'autres au collège.

(Rédactrice : Claire SHENG)