Artisanat folklorique du Qinghai : affinité nouée en Afrique entre le maître et ses apprentis

Publié le 2019-01-07 à 13:41  |  China Tibet Online

Li Lianxia, artiste du folklore du Qinghai, s’est rendue au Bénin pour un « atelier de formation en peinture incrustée de fil métallique », tenu au Centre culturel chinois du Bénin, et elle nous raconte son expérience inoubliable avec ses apprentis d’Afrique.

Selon Li Lianxia, l'incrustation de fil métallique est une technologie souvent utilisée dans le traitement de l'émail, alors que le Thangka est une oeuvre créée sur du tissu avec de la peinture. « Si l'on applique l'art d'incrustation de fil métallique à la création de Thangka, c'est un ajout d’ingéniosité à l’art du Thangka. »

Un de ses apprentis lors de sa deuxième visite au Bénin (en 2010), a tenu le rôle d'enseignant assistant au cours lors de sa troisième visite afin de former les passionnés de la peinture incrustée de fil métallique. Cette fois, il a ressenti la « concurrence » car "certains apprentis du troisième atelier étaient des sculpteurs, créateurs de costumes, des animateurs ou des photographes, tous dotés d'une compétence artistique", explique Li Lianxia.

Li Lianxia a ensuite montré son astuce pour surmonter la barrière linguistique : sur une feuille froissée, elle note des « signes » mélangé avec de l'anglais et du chinois pour s’aider à prononcer des phrases en français et pour que ses apprentis puissent comprendre. Elle a aussi de l’aide en classe : les apprentis de la promotion précédente l'ont aidé à améliorer sa prononciation à force d’encouragement.

« Ils s’adonnent à la création et travaillent tous les soirs jusqu'à 23h ou minuit. Ils ne s’arrêtent pas à moins que je les oblige », nous déclare Li Lianxia. La durée de formation a dû être prolongée, de 6 heures à 12 heures par jour, après lesquelles certaines personnes continuent encore de dessiner dans les couloirs.

Lors des pauses, les apprentis s’amusent en faisant quelques danses de leur région et en chantant quelques chansons chinoises, ce qui a rendu très contagieuse la convivialité de l'atelier.

L'art de la sculpture du Bénin a une réputation mondiale. Li Lianxia et ses apprentis ont exploré la possibilité d'intégrer l'art d'incrustation dans les sculptures traditionnelles du Bénin et d'introduire de nouveaux objets artisanaux.

Ces dernières années, de nombreux artisans du Qinghai ont emporté leur savoir-faire au-delà du plateau. « La bonne maîtrise se transmet au-delà des frontières. Il nous faut faire plus d'effort pour les pousser plus loin », a déclaré Li Lianxia, « Je n'ai jamais pensé pouvoir aller si loin. »

(Rédactrice : Lucie)