La sculpture de Pusum brille de l'ancien au moderne

Publié le 2018-11-09 à 14:40  |  China Tibet Online

Du 13 au 28 octobre, la 13e édition de l'Exposition des industries de la culture et de la création s'est tenue à Beijing. Dans le pavillon d'exposition international de Chine 8011, où se trouve l'exposition « Impression de Lhassa », la première chose qui vient à mon attention est le papier coloré, la calligraphie sculptée sur bois et les peintures tachées d’encre. Un peu plus loin à l'intérieur, on trouve des bols en bois, des pots en pierre, des tapis tibétains et de l'encens tibétain, et il y a aussi des portes-stylo venant du palais du Potala...

Des papiers tibétains

À l'entrée, on trouve des trésors nationaux célèbres – « les trois trésors de Nyemo » (l’encens tibétain, la sculpture de Pusum, le papier tibétain de Shora). Aujourd'hui, ces trésors nationaux incorporent des éléments modernes de la mode et ont plus de formes diverses, et leurs canaux d’application ont ainsi été considérablement élargis. Maintenant, ces objets d’artisanat sont arrivés de Lhassa pour être exposés à Beijing. C’est une grande sensation et c’est quelque chose d’incroyable.

Pusum est la « ville natale de la sculpture ». Les techniques de sculpture des habitants de la région, transmises de génération en génération, ont une longue histoire. On dit qu’elles remontent au 7e siècle après la création de l’écriture tibétaine par Thonmi Sambhota, qui - avec les efforts soutenus de Songtsen Gampo - est devenue la langue commune de royaume de Tubo. Au début, l’écriture tibétaine était gravée sur des lamelles en bois, des tablettes de pierre et des feuilles de palmier. Plus tard, elle a été imprimée avec des gravures anciennes, ainsi les livres classiques tels que les sutras, les livres de médecine et les calendriers astronomiques étaient imprimés avec des planches de gravure en bois. Les habitants de Pusum ont d'y gagné leur vie pendant des générations. Au fil des années, leurs techniques se sont enrichies et développées, faisant de Pusum la ville natale de la sculpture qu’elle est aujourd'hui. On dit que 90 % des planches de gravure des sutras au Tibet proviennent de Pusum.

Sijo, qui vit à Pusum, a commencé à apprendre la sculpture avec son grand-père et son père à l'âge de 14 ans. Des années de pratique ont fait de lui un talent remarquable. Aujourd'hui, il est déjà un héritier de la culture immatérielle des compétences de sculpture de Pusum. Lors de cette exposition, trois de ses meilleures gravures ont été sélectionnées. Il était le principal exposant et son stand d'exposition est situé à l'entrée du pavillon d'exposition tibétain.

Sijo devant la salle d'exposition thématique « Impression de Lhassa ».

Le présentoir de gravure de Pusum sur la culture immatérielle de la sculpture de Pusum.

La version finie d’une gravure intitulée « Elephant-taming Picture».

Découper une planche de bois avec un couteau n’est pas une tâche facile. En règle générale, 15 à 16 processus sont requis pour créer une œuvre. Parfois, il faut même 20 à 30 processus. Cependant, Sijo dit que les plus difficiles sont les sculptures comptant plusieurs personnages, en particulier les statues de Bouddha. Il faut maintenir une posture tellement longtemps lors du processus de sculpture. Et il ne suffit pas de simplement graver une image. Il faut se concentrer pleinement sur l’œuvre pour créer une véritable statue de Bouddha dont le visage brille avec un couteau. Ce n'est pas seulement une épreuve d’artisanat. C'est une épreuve pour l'esprit. Par conséquent, très peu de personnes peuvent persister. Il n'y a qu'une poignée de bons graveurs.

La sculpture sur bois du roi Gesar.

Afin de protéger et de promouvoir le développement de l’industrie de la sculpture, ces dernières années, le comté de Nyemo a accordé un soutien prioritaire aux ateliers de gravure et d'impression du canton de Pusum. Le comté a fourni aux agriculteurs et aux bergers qui pratiquent la sculpture des cours de formation, des bois de sculpture et des matériaux pour imprimés. En 2016, la coopérative professionnelle d’artisanat national pour agriculteurs et éleveurs « Les Trésors de Nyemo » a été établie, innovant le contenu des gravures et élargissant les canaux de son utilisation. Le modèle « coopérative + paysans » a considérablement augmenté les revenus des paysans et des éleveurs.

Il est rapporté qu'il y a 17 entreprises venant de Lhassa et d'autres lieux qui ont pris part à l'exposition. Plus de 300 produits culturels ont été rassemblés pour présenter les réalisations de la protection de l’héritage culturel immatériel du Tibet. Sur une plateforme culturelle et en adoptant le développemént économique comme « symphonie », l'exposition promeut l’intégration des industries créatives culturelles, financières et touristiques, renforçant ainsi le rayonnement culturel, promouvant les échanges et la coopération culturels à l’international, permettant à la culture tibétaine de se répandre dans le monde.

(Rédactrice : Lucie)