[Jours au nord du Tibet] Les humains cèdent la "zone interdite" à la nature pour préserver l'écologie du plateau

Publié le 2020-01-08 à 09:28  |  China Tibet Online

Il n'y a pas longtemps, le personnel administratif du canton de Gyatso (comté de Shuanghu, ville de Nagqu, région autonome du Tibet) m'a dit par téléphone que certains bergers des cantons de Gyatso, de Yaqu et de Cuozhe Kyanma du comté de Shuanghu se préparaient à être transférés dans les régions du sud. En l'espace d'un demi-mois, le travail de relocalisation a déjà été achevé.


En photo : la population de Nagqu en route pour la relocalisation.

2 900 bergers de 700 foyers du comté de Shuanghu font leurs adieux à la "zone interdite à toute vie", perchée sur une altitude moyenne de plus de 5 000 mètres. Après plus de mille kilomètres de trajet, on est arrivé au village de Senburi, dans le comté de Gongga, ville de Shannan, où l'altitude est plus basse.

En 2018, le Tibet a lancé son premier projet de protection-relocalisation écologique en haute altitude, dans le cadre duquel 262 ménages et 1 102 bergers du canton de Rongma, dans le comté de Nyma, ont déménagé dans le canton de Gulong, dans le district de Doilungdêqên de Lhassa.

Ces programmes de relocalisation en 2018 et 2019 visent non seulement à protéger l'environnement écologique du plateau, mais aussi à améliorer la qualité de vie des populations.


En photo : Rogdan Danzen, la personne qui avait initié l'exploitation de la zone déserte du nord du Tibet (accroupi au premier rang), avec son équipe de reconnaissance de terrain.

Il y a quarante ans, afin de résoudre la pénurie d'herbe pour le bétail et de développer l'élevage, le Tibet a commencé à exploiter les terres désertes du nord de la région. A cette époque, les bergers des comtés de Rongma, Gyatso, Yaqu et Cuozhe Kyanma s'aventuraient sur les terres inconnues du nord qui "défient la limite physique humaine", pour le développement et la construction.

A l'époque, ces quatre cantons pastoraux faisaient partie du corps de la population relocalisée dans la "zone interdite à toute vie". Ils ont fait leurs adieux à leur foyer ancestral et se sont installés dans les terres désertes, achevant ainsi la première grande migration dans cette région de l'histoire.

Quarante ans plus tard, afin de protéger les animaux sauvages, les bergers de ces quatre cantons ont une fois de plus fait leurs adieux aux maisons qu'ils avaient construites il y a quelques décennies. En sortant de cette zone, ils ont achevé la deuxième grande migration.


En photo : vaste étendue équipée de panneau solaire, à Shuanghu.

A la suite du déplacement des trois communes du comté de Shuanghu vers le sud, des installations agricoles seront développées dans le lieu de relocalisation afin d'assurer la production et la vie des ménages relocalisés. Des fermes avec 300 bovins seront remises aux bergers relocalisés pour l'élevage et l'exploitation. En même temps, la politique des "dossiers suivant les gens" stipule que les matières de production, aides sociales et les subventions correspondantes dont les bergers bénéficiaient à l'origine à Shuanghu resteront inchangées. En outre, le bétail laissé derrière sera vendu, confié et inventoriés dans des coopératives sous diverses formes pour ne laisser aucun soucis à la population relocalisée.

En ce qui concerne le choix entre le développement et la protection de l'environnement, les gens sont maintenant plus enclins à opter pour cette dernière. Par exemple, parallèlement au déplacement écologique en haute altitude, le glacier de Prrogangri, dit "troisième pôle de la terre", a suspendu toute forme d'accueil touristique, visant à libérer la "zone interdite à toute vie" qui n'est pas adaptée à la survie de l'homme, mais à celle des animaux sauvages, afin que les rares oiseaux et animaux qui s'y trouvent puissent courir et voler librement.

(Rédactrice : Claire SHENG)