Alphabétisation et éducation, aperçu du grand changement depuis la Réforme démocratique au Tibet

Publié le 2019-12-03 à 11:13  |  China Tibet Online

À sept kilomètres au sud de la ville du canton de Zedang se trouve la communauté de Kesong, premier village bénéficiant de la réforme démocratique au Tibet et où le premier point d'enseignement au Tibet fut établi à l'époque. Au cours des 30 dernières années, 481 personnes issues de la communauté de Kesong ont finalement obtenu leurs diplômes universitaires. Les personnes âgées sont fières d'avoir « quelqu'un d'éduqué dans le foyer ».

Avant 1959, M. Tashi, un habitant de Kesong agé de 82 ans, était en servitude, un statut qu'il a hérité des précédentes générations de sa famille. « J'ai travaillé comme esclave pour des seigneurs depuis l'âge de 8 ans. J'étais fouetté si j'arrivais en retard. Je ne pouvais même pas me permettre d'être malade, encore moins de m'offrir des livres ou des cours. » Les statistiques corroborent le témoignage de M. Tashi : en 1959, au moment où la réforme démocratique commença, il n'y avait que deux personnes qui savaient lire parmi les 302 habitants des 59 foyers.

En 1960, la première école primaire fut créée dans le village de Kesong et le projet d'alphabétisation fut lancé. Le premier objectif était de faire en sorte que « les Langsheng (serfs de maison) soient capables de lire et d'apprendre ». « Dans les années 60 et 70, alors même que les écoles étaient installées, les villageois ne saisissaient pas l'importance de l'alphabétisation des enfants. À l'âge de sept ou huit ans, les enfants aidaient leurs parents avec les troupeaux », se souvient Palbar Tsering, secrétaire du Parti au village.

Depuis 1985, en dehors de la gratuité de l'enseignement obligatoire, les enfants des foyers à travers la région autonome du Tibet bénéficient également d'une politique de "triple couvertures" : nourriture, logement et frais de scolarité. Grâce à l'amélioration continue du système d'enseignement gratuit pendant 15 ans, à la généralisation de l'enseignement préscolaire bilingue et à l'approfondissement de la réforme visant à l'intégration scolaire obligatoire dans les zones urbaines et rurales, les enfants des communautés Kesong ont pu bénéficier pleinement des services de scolarisation.

Lorsque nos journalistes sont entrés chez Dawa, dans la communauté de Kesong, ils ont été témoins du bonheur de ce foyer : les personnes âgées étaient assises sur la pelouse dans leur petite cour et aidaient leur petite-fille dans ses travaux scolaires.

« Quel que soit le métier, une formation est toujours nécessaire pour bien faire. » Dawa, qui n'a terminé que l'école primaire, attache une grande importance à l'éducation de ses enfants. Au cours des années où il s'occupait seul de ces trois enfants, Dawa a investi près de 200 000 yuans dans leur éducation. Il voit aujourd'hui deux de ses trois filles admises à l'université, dont la cadette travaille à l'Hôpital populaire de la région autonome de Tibet après avoir obtenu son diplôme à l'Université Jiaotong de Shanghai, l'une des meilleures en Chine.

Dawa n'est en fait qu'un des parents dans la communauté. « Maintenant, tout le monde se presse d'envoyer ses enfants à l'école. En fin de compte, ce n'est qu'après avoir appris de nouvelles connaissances que l'on peut trouver un bon emploi !", déclare le secrétaire Palbar Tsering, qui présente avec fierté que « le taux d'emploi des diplômés universitaires du village a atteint les 100 % ». La perspective d'avoir un bon emploi grâce à l'éducation a fait changer l'idée des habitants de la communauté qui comprennent maintenant l'importance de l'éducation et valorisent l'enseignement.

« Le village dispose aujourd'hui d'une mini bibliothèque, mais aussi d'une médiathèque. Notre vie s'améliore de jours en jours », dit Palbar Tsering, qui se félicite du changement de leur milieu de vie.

Dawa donne des cours particuliers à sa petite-fille.

(Rédactrice : Lucie ZHOU)