Il écoute les « battements de cœur » de la terre sous le Qomolangma (Everest)

Publié le 2019-11-28 à 09:54  |  China Tibet Online

Travailler dans la contrée sauvage, affronter les loups, se protéger en criant et en lançant des pierres, travailler dans les régions alpines, froides et anoxiques, avec du sable et des pierres volantes en l'air … C'est la routine de travail pour Ou Wendong, chef de la station sismique de la ville de Shigatsé du Bureau du Tibet de l'Administration du séisme de Chine. Après avoir obtenu son diplôme universitaire en 2005, il est venu travailler dans cette station sismique. Ou Wendong, originaire du Sichuan, a toujours été un défenseur du Tibet.

Un choix extraordinaire

La station sismique de Shigatsé est située dans la ville du même nom à une altitude de 3825,9 mètres et elle fait partie des stations sismiques numériques nationales. Les données d'observation dans cette station sont importantes parce qu’elle est située non seulement dans la zone de collision, de fracture et de suture entre la plaque indienne et la plaque eurasienne, mais aussi dans la chaîne orogénique de l'Himalaya.

Cependant, la vie est extrêmement difficile ici à cause de l'altitude élevée et des rares moyens de transports. Après ses études universitaires, Ou Wendong est venu au Tibet où il a mis une journée pour voyager de Lhassa à la station. « L'observation et l'enregistrement des données se faisaient de manière ancienne car il n'y avait pas d'ordinateur pour la numérisation dans la station. » se souvient Ou Wendong.

Dans ces années-là, Ou Wendong travaillait du jour au soir avec deux anciens dans la station sismique pour enregistrer les données manuellement. Son expérience de travail à la station a été profondément enracinée dans son cœur et a influencé ses choix futurs. Deux ans plus tard, il a quitté Shigatsé car il a été muté à Lhassa. Pourtant, il a finalement demandé de retourner à Shigatsé. À l'époque, le directeur des ressources humaines a été choqué et lui a gentiment conseillé : « Ou, réfléchis bien : tout le monde veut travailler à Lhassa et personne ne veut retourner à la station. Ne veux-tu pas y réfléchir davantage ? » Mais Ou Wendong a dit : « Ma décision est déjà prise. » À l'époque, la numérisation était en train d'être effectuée dans toutes les stations du pays et c'était une étape clé pour transformer l'observation sismique analogique en numérique. Cependant, dans celle de Shigatsé, qui est située dans un endroit éloigné et qui manquait de personnel, les deux anciens ne savaient pas se servir d'ordinateurs. Malgré la transformation numérique des stations, les données n'ont donc pas pu être enregistrées en continu.

Ou Wendong se sent responsable de Shigatsé et ce sens de responsabilité et de mission se poursuit encore aujourd'hui. Selon Ou, « Il y a peu de personnel mais beaucoup de pression à la station de Shigatsé. Namkha, 38 ans, en 2008, et Tashi, 46 ans, en 2016, ont été successivement malades durant le travail. Par respect pour eux et par passion pour le travail, je me suis décidé à m'adonner et à me plonger dans la construction, le déroulement et l'entretien de la station sismique de Shigatsé. »

Un homme ordinaire fait des choses extraordinaires

Sur ce plateau enneigé, Ou Wendong a eu de nombreuses expériences extraordinaires.

En novembre 2018, le Tibet était déjà si gelé que le souffle devenait glacé. Afin d'accélérer les travaux de sélection et d'acquisition de sites pour la nouvelle station de référence dans le cadre du projet national de rapport d'intensité et d'alerte rapide du séisme au Tibet, il s'est rendu dans des régions éloignées pour effectuer des travaux de planification et de sélection de sites. Lorsqu'il a rencontré un loup sauvage qui chassait pour se nourrir, il l'a affronté à mains nues pendant plus de deux heures. Heureusement, il n'a pas été mangé par celui-ci.

En décembre 2013, Ou a dirigé l'équipe du village qui travaillait dans le village Jiagu du district Nyima dans la préfecture de Nagqu, à une altitude de 4800 mètres. Les villageois locaux aimaient bien Ou car il les a aidés à cultiver des légumes et à construire des boutiques.

Ce qui le rendait le plus heureux, c'est que lui et plusieurs « sismologues de Shigatsé » ont amélioré de mieux en mieux sa station sismique, dont le niveau numérique et la qualité des données étaient parmi les meilleurs du Tibet. Cette station a remporté « la première place dans l'évaluation de mesure des tremblements de terre de toutes les stations de la région en 2012 », « groupe avancé du Bureau Sismologique du Tibet en 2014 », « le prix spécial pour la réaction d'urgence sismique du Népal le 25 avril 2015 » et les autres prix.

Sur les 1,2 millions de kilomètres carrés de terres au Tibet, d'Est en Ouest, du Sud au Nord, il y a plus de 20 stations sismiques situées à une altitude moyenne de plus de 4000 mètres. Il y a un groupe de personnes comme Ou Wendong, qui sont enracinées là-bas, se battent en première ligne pour la prévention des tremblements de terre et font des choses ordinaires en tant que personnes ordinaires, pour des années et même pour la vie.

(Rédactrice : Claire SHENG)