L'histoire derrière de vieilles photos : l'ancien gouvernement du Kashag

Publié le 2019-11-27 à 11:29  |  China Tibet Online


Les quatre Kalöns (ministres) du Kashag, l'ancien gouvernement local tibétain, de gauche à droite : Ngapoi Ngawang Jigme, Xianka-Jumei Duoji, Neushar Tupten Tarpa (également moine), Sampho Tsewang Rigzin (également commandant en chef de l'armée tibétaine), assument leurs fonctions officielles dans le Bureau gouvernemental du Kashag dans l'enclave Norbulingka. Chen Zonglie a pris cette photo en 1957.

La hiérarchie sociale de l'ancien Tibet est très stricte. Le sommet est occupé par les moines, au milieu se trouve la noblesse, et au plus bas, les serfs et les esclaves. Les fonctionnaires du gouvernement sont composés de moines et de nobles éminents qui représentent la classe dirigeante du Tibet. Les serfs et les esclaves sont dirigés et n'ont pas leur place en politique.

Avant 1959, le gouvernement local du Tibet était également connu sous le nom de Kashag. Ka signifie l'ordre, alors que Shag signifie la maison. Donc, Kashag est le lieu où l'ordre est donné.


Des fonctionnaires aristocratiques du gouvernement local tibétain célébrent le Nouvel An tibétain sur la place du Palais du Potala. De gauche à droite : Xianka-Jumei Duoji, le khenpo Jiqiao, intendant du Dalaï Lama, ainsi que Neushar Tupten Tarpa. Photographie : Chen Zonglie.

Il existe quatre Kalöns au sein du Kashag, trois laïcs et un moine. Toutes les questions importantes doivent être discutées au sein du Kashag avant d'être approuvées par le Dalaï Lama ou la Régence. Lorsque des décisions ne peuvent être prises par le Kashag, comme la déclaration des guerres, la négociation de paix, l'élection de la Régence et la réincarnation du Dalaï Lama, le Kashag demandera au Dalaï Lama ou à la Régence de tenir une « assemblée populaire », appelée Chongdu. Les participants sont des représentants des fonctionnaires de divers organes, des khenpos issus des trois principaux temples et des aristocrates ; les serfs et les esclaves ne sont pas autorisés à y participer.

« Parmi les quatre Kalöns du Kashag, le statut du moine est légèrement plus élevé, car il peut rencontrer directement le Dalaï Lama, tandis que les trois autres doivent être convoqués. Le moine Kalön est principalement responsable de la gestion des affaires politiques et religieuses. L'ancien système d'unités politique et religieuse du Tibet peut être pleinement reflété chez lui », explique Chen Zonglie, « Les quatre Kalöns ont plus d'un bureau, dans le Palais du Potala en hiver et dans l'enclave de Norbulingka en été. Aussi, une maison située sur le côté nord du temple Jokhang est réservée au personnel du gouvernement d'un niveau inférieur. »


Xianka-Jumei Duoji travaille à Langzixia. Langzixia (Liekong) est l'une des institutions de l'ancien gouvernement local tibétain qui gère la sécurité sociale de la zone urbaine de Lhassa. Le tribunal de première instance et des prisons y sont inclus et peuvent être utilisés par les tortionnaires comme lieu d'emprisonnement. Photographie par Chen Zonglie.

Le système tibétain de gestion des affaires locales original, marqué par le système du Kashag, a continué jusqu'à la fin des années 50. Le mouvement rebelle au sein de la classe supérieure du gouvernemnt tibétain a lancé une rébellion armée visant à diviser la patrie, ce qui a entraîné la dissolution du système par le gouvernement populaire central en 1959.

Selon Chen Zonglie, outre le moine, les trois autres Kalöns du Kashag provenaient principalement de la noblesse. Environ 400 familles nobles tibétianes ont été consacrées au Tibet dans le passé, y compris les moines nobles. En 1959, il restait moins de 200 familles nobles.

Le statut de noblesse est héréditaire. Il n'est pas facile pour un petit aristocrate d'en devenir un grand. Bien que ces petits aristocrates aient leur place au gouvernement, le pouvoir du gouvernement est principalement concentré entre les mains d'environ 20 grands aristocrates. Quand les grands aristocrates commettent des crimes, ils sont réduits à de petits aristocrates, et peuvent même être destitués ou séquestrés. Cependant, si les serfs et les familles paysannes veulent devenir nobles, ils ne peuvent devenir que des familles où sont accouchés les Dalaï Lama ou sont réincarnés les Panchen Lama.

(Rédactrice : Claire SHENG)