Un Tibétain suisse brasse de la bière d'orge à Shangri-La

Publié le 2019-09-24 à 14:08  |  China Tibet Online

Un Tibétain né et a grandi en Suisse est venu à Shangri-La pour développer et brasser une bière artisanale d'orge. De nos jours, cette bière est célèbre à la fois en Chine et à l'étranger.

Nous avons rencontré Jiesu Songtsen, qui vit dans la région depuis plus de dix ans à Shangri-La, dans la Préfecture autonome tibétaine de Deqen.

« Avec la neige pure et fondante, les prairies de grains verts, ce sont les meilleures matières premières, et nous sommes préoccupés par la qualité de la bière », dit Jiesu Songtsen, fondateur et président de la brasserie Shangri-La Highland Craft Brewery, qui s'est entretenu avec nous en anglais.

La mère de Jiesu Songtsen, Jiesu Tamdrin, est née au Tibet. Alors qu'elle était enfant, elle a été adoptée par un couple allemand et, en 1993, elle est rentrée en Chine pour y chercher ses racines. Plus tard, elle a créé au Tibet et à Shangri-La, l'école de formation Jiesu Tamdrin, une école spécialisée dans l'éducation des orphelins. Jiesu Songtsen, propriétaire d'une société immobilière en Suisse, s'est dit ému par l'insistance de sa mère. Il a laissé derrière lui la facilité de sa vie en Suisse et il s'est déplacé vers Shangri-La.

 « Ma mère est une personne très forte. Sans elle, je ne serais pas venu ici et je n'aurai pas construit cette usine. » Jiesu Songtsen a déclaré que 80 % des employés de la brasserie sont des orphelins issus de l'école. C'est aussi un travail qui vise à aider à résoudre les problèmes des jeunes qui grandissent dans des refuges d'orphelins.

Après la création de la brasserie en 2009, Jiesu Songtsen a invité des experts allemands et suisses, qui ont consacré plus de trois ans à la recherche et au développement indépendants de la bière d'orge. La première production s'est appellée « Songga », ce qui signifie en Tibétain « En avant » et symbolise la détermination des Tibétains à remporter la course de chevaux. D'ailleurs, la bouteille de bière est décorée avec des images de l'art de la peinture thangka tibétaine. Les bière qui ont été développées depuis lors portent des noms qui font référence à l'identité culturelle tibétaine distinctive, tels que « Yak noir » « Gros Drolma » et ainsi de suite.

Il croit fermement en utilisant des techniques et normes de brassage de la bière allemande pour créer une bière dans un environnement verdoyant à plus de 3 000 mètres d'altitude, la bière pourra se démarquer de ses compétiteurs.

En effet, les honneurs sont venus les uns après les autres. «Yak Noir » a reçu le prix d'Argent de « European Beer Star » en 2016. Pour la première fois, la Chine a remporté ce concours. Après cela, ils ont remporté un prix d'argent et un prix de bronze, lors du Brussels Beer Challenge en Belgique. Lors du concours China Beer, deux prix d'argent et trois prix de bronze ont été remportées. « Notre prochaine cible est le American Beer Festival, et on espère qu'on pourra gagner un prix cette année », a dit Jiesu Songtsen, avec un sourire.

Dans le hall de production, une employée appelée Drolma a présenté le processus de production de concassage, de fermentation, de filtration, de mise en conserve, de stérilisation et de conditionnement. Elle a expliqué qu'elle avait grandi dans une école locale. Elle a rencontré Lozang dans l'école pour étudiants tibétains de Jiesu Tamdrin. Les deux se sont mariés et grâce à leur travail dans la brasserie, ils ont maintenant une vie stable.

Jiesu Songtsen a également trouvé son bonheur à Shangri-La. Il a épousé une fille tibétaine locale et deux enfants sont nés de leur union, qui fréquentent actuellement l'école primaire. « J'ai rencontrée de grandes difficultés car je ne pouvais pas parler ni écrire chinois, mais j'espère que mon enfant en sera capable », a-t-il déclaré aux journalistes dans un chinois difficile.

Le train à grande vitesse et l'autoroute reliant Lijiang à Shangri-La sont en construction et Jiseu Songtsen est optimiste quant à cette opportunité. « Environ 10 % de la bière produite aujourd'hui est vendue en Europe, mais le marché intérieur en Chine est plus grand, et j'espère qu'avec ce transport plus pratique, on pourra vendre notre bière dans tout le pays. »

(Rédactrice : Lucie ZHOU)