Albert Ettinger, tibétologue luxembourgeois : l'ouverture amène la prospérité au Tibet

Publié le 2019-07-05 à 14:30  |  China Tibet Online

Le 14 juin dernier, lors de la matinée du China Tibet Development Forum 2019, Albert Ettinger, 67 ans, érudit luxembourgeois et célèbre spécialiste tibétain, a partagé sa connaissance du Tibet avec quelque 160 experts, chercheurs et invités lors du forum.

Albert Ettinger donne un discours lors du forum

Le 13 juin dernier, Albert Ettinger (premier à gauche) visitait le Hall mémorial de la libération d'un million de Serfs au Tibet.

Son histoire avec le Tibet commence lors du relais de la flamme des Jeux Olympiques de Pékin en 2008. Il était outré d'entendre les séparatistes tibétains attaquer le relais de la flamme. Depuis lors, il a eu l'idée d'enquêter pour connaître la situation réelle au Tibet.

Après avoir consulté un grand nombre de livres, d'archives et de documents occidentaux sur le Tibet, Albert Ettinger a commencé à publier des travaux de recherche en 2014. Deux livres de recherche sur les perspectives réelles du vieux Tibet sous le régime de servage féodal ont été publiés en anglais, allemand et italien : « Freies Tibet ? Staat, Gesellschaft und Ideologie im real existierenden Lamaismus », Francfort, éditions Zambon, 2014 (« Tibet libre ? État, société et idéologie dans le lamaisme réel ») et « Kampf um Tibet. Geschichte, Hintergründe und Perspektiven eines internationalen Konflikts », Francfort, éditions Zambon, 2015 (« Lutte pour le Tibet. Histoire, contexte et perspectives d'un conflit international »).

« Tibet libre ? État, société et idéologie dans le lamaisme réel » publié lors du China Tibet Development Forum 2019

Selon Albert Ettinger, le monde occidental considère depuis longtemps le Tibet comme une terre pure, persuadé que ce plateau n'est pas influencé par le monde extérieur, ce qui n'est pas entièrement vrai. A travers une brève revue du contexte historique du Tibet, il a prouvé que le Tibet n'était pas totalement isolé de l'extérieur.

En outre, comme il l'a déjà mentionné, le Tibet a été une société féodale. Au milieu du XXe siècle, c'était encore une région extrêmement arriérée, sans économie moderne, sans industrie, sans écoles modernes, sans médecins et hôpitaux, sans routes, sans chemins de fer et sans aéroports. La plupart des Tibétains n'avaient pas accès à une éducation systématique pour les qualifications académiques et ne savaient rien de l'extérieur du Tibet.

« La libération pacifique du Tibet a entraîné l'ouverture du Tibet », affirme Albert Ettinger. Dans les années 1950, l'Armée populaire de libération a construit la première route reliant le Tibet aux régions adjacentes de la Chine.  Grâce à la promotion d'écoles nouvellement établies, d'organisations patriotiques de femmes et d'organisations patriotiques de jeunes, de nouvelles idées ont été introduites au Tibet.

Pour Albert Ettinger, la réforme démocratique au Tibet a apporté de nouvelles opportunités au peuple tibétain. Dans les années 1980, la politique de réforme et d'ouverture de la Chine a favorisé la modernisation économique et le développement général du Tibet. « L'ouverture et le développement économique du Tibet ont également apporté une prospérité culturelle sans précédent, avec l'émergence de nouvelles formes d'art et de culture. La culture traditionnelle a également rayonné d'une nouvelle vitalité. »

Il a mentionné en particulier que la langue tibétaine a également connu un nouveau souffle. Les écrivains tibétains écrivent en tibétain et en chinois, et de nombreux livres tibétains ont été traduits en chinois, puis publiés. Aujourd'hui, plus de Tibétains que jamais savent lire et écrire.

Pendant ce temps, il a affirmé « qu'il est totalement faux pour certaines personnes en Occident de prétendre qu'il y a un massacre culturel au Tibet ». Il y a des universités modernes à Lhassa, la capitale de la région autonome du Tibet. Le patrimoine culturel et les trésors du Tibet sont bien protégés.

« Le palais du Potala, le Monastère de Jokhang, le Norbulingka et la rue Barkhor ont tous été inscrits sur la Liste du patrimoine mondial. Le Monastère de Samyé a été également restauré. Aujourd'hui, l'architecture de Lhassa présente à la fois des éléments traditionnels et un caractère unique tibétain. Les jeunes Tibétains apprennent aussi des formes d'art traditionnel, comme le Thangka. En même temps, de nouvelles formes culturelles s'épanouissent au Tibet, inspirées d'un esprit international. De nombreux écrivains et réalisateurs tibétains ont également commencé à tourner des films sur le thème du Tibet et à montrer le Tibet à travers des acteurs tibétains. »

A la fin du discours, Albert Ettinger a déclaré : « Il ne fait aucun doute que le Tibet a connu un développement économique et social considérable en très peu de temps, ce qui constitue une excellente référence pour les autres régions du globe ». Il a réaffirmé que tant qu'il en aurait l'énergie, il continuerait à étudier le Tibet et à défendre le vrai Tibet.

(Rédactrice : Lucie ZHOU)