Entrée au Tibet de la 18e armée: l'approvisionnement était encore plus important que de se battre

Publié le 2019-06-11 à 15:33  |  China Tibet Online

[NDLR] Au début de la fondation de la République populaire de Chine, pour assurer l'unité de la patrie et la libération du peuple, l'Armée populaire de Libération (APL) des régions militaires du Sud-Ouest et du Nord-Ouest a envoyé des troupes au Tibet depuis le Sichuan, le Qinghai, le Xinjiang et le Yunnan, conformément à la stratégie de Pékin. Cette mission a été principalement confiée à la 18ème armée.


Une ancienne photo de Miao Zhongqin.

Miao Zhongqin, âgé de 87 ans, était un officier de l'état-major du commandement de la 18ème armée et le chef de la Division des opérations de la région militaire du Tibet. Il s'est acquitté de la tâche d'entrer au Tibet, de construire l'aéroport et les routes. Aujourd'hui, ces événements historiques d'il y a 70 ans sont encore frais dans la mémoire de cet homme âgé.

« L'Armée populaire de Libération libère pacifiquement le Tibet, permettant d'ouvrir une nouvelle page dans l'histoire des relations nationales chinoises », a déclaré Miao Zhongqin. « Dans cet événement du Tibet, nous avons commencé à unir les couches supérieures du Tibet pour maintenir la stabilité régionale. Ensuite, nous avons fait du bon travail pour rassurer les masses. »


Wang Qimei, commissaire politique adjoint de la 18e Armée, rencontre Apei Awang Jinmei.

Le 18 janvier 1950, Zhu De a déclaré lors d'une réunion sur les questions du Tibet : « Pour la question du Tibet il est préférable d'adopter une solution politique, et nous n'utiliserons les soldats que quand cela sera nécessaire. Nous devons expliquer notre politique aux nobles, aux ministres et aux lamas tibétains. » On peut constater qu'à cette époque, le Comité central du Parti communiste chinois s'efforçait de libérer pacifiquement le Tibet.

Selon l'ordre de Mao Zedong, « lors de l'entrée au Tibet, il ne faut pas manger la nourriture locale », Deng Xiaoping a souligné que « la politique est plus importante que les affaires militaires. Le réapprovisionnement est plus important que de se battre », et que les vivres et matériaux nécessaires pour entrer au Tibet devaient être principalement transportés depuis l'intérieur du pays, ou être achechés localement en partie.


En 1950, la brigade du transport de l'armée de l'air a reçu l'ordre de parachuter des vivres aux troupes marchant vers le Tibet. Des pilotes étudient les routes de droppage à Kangding et à Garze.

« C'était difficile ! Le manque de nourriture était le plus gros problème. » Miao Zhongqin lui-même a calculé. « Au début, pour chaque personne qui entrait au Tibet, il faut sept personnes qui transportaient la nourriture. Quand on arrivait à l'ouest de Garze, pour chaque personne, la main-d'œuvre pour l'approvisionnement en fournitures était assurée par 13 personnes. En d'autres termes, si j'allais à Lhassa seul, il fallait 13 personnes pour transporter mes vivres. »

Le travail de soutien logistique n'était pas facile, dit Miao Zhongqin avec émotion. « Pensez-y, pour chaque personne qui entrait au Tibet, il fallait 13 personnes pour transporter des vivres, mais les 13 personnes responsables de l'approvisionnement devaient également manger. Il fallait donc d'autres personnes pour porter ces vivres, non ? Et plus vous allez loin, plus le fardeau est lourd. Tous les moyens de transport qu'on peut imaginer à cette époque ont été utilisés : le transport aérien, à dos d'animaux. Plus tard, un groupe de transporteurs humains a été ajouté. Il y avait aussi des transporteurs maritimes qui partaient du port de Yunnan et traversaient l'océan Indien jusqu'à Yadong pour arriver ensuite au Tibet. Ce processus durait au moins trois mois. La nourriture était déjà moisie. »


En avril 1951, lors de la construction d'une piste d'atterrissage, les soldats installent des tentes et des logements simples.

« J'ai travaillé au Tibet pendant 13 ans. Je suis entré au Tibet et ai participé à la libération du Tibet. Le peuple tibétain n'avait pas la liberté au début. Nous avons essayé de le libérer pour qu'il puisse vivre paisiblement. Le Tibet se développe de mieux en mieux maintenant. La vie des gens devient de plus en plus heureuse, et je suis vraiment heureux dans mon cœur. »

 (Rédactrice : Claire SHENG)