La souffrance et la faim de la 18e Armée au Tibet

Publié le 2019-05-10 à 11:02  |  China Tibet Online

[NDLR] Dans les premiers jours qui ont suivi la fondation de la République populaire de Chine, le gouvernement central a décidé de libérer le Tibet, la dix-huitième armée de l'Armée populaire de libération (APL) s'est vu confier la grande partie de cette mission importante.

« Ne vous moquez pas, mais pendant un certain temps, j'étais vraiment envieux des animaux », dit Li Liuyuan, 87 ans, le 11 avril 2019. 70 ans après l'ordre donné à la 18e Armée d'entrer au Tibet, il se rappelle encore des difficultés de cette époque. Li Liuyuan est toujours impressionné par la faim qu'il a ressentie à cette époque. Mais comment a-t-il pu continuer à avancer ? Le vieil homme dit qu'il était soutenu par l'enthousiasme de la révolution et le bon moral des troupes allant libérer le Tibet.

Li Liuyuan lors de l'entrevue.

En mars 1950, la 18e Armée s'est mise à marcher vers l'ouest. À cette époque, Li Liuyuan était commis dans un magasin de thé à Kangding. Après l'arrivée de l'Armée populaire de libération à Kangding, il a décidé de se joindre à l'Armée populaire de libération de Chine et de les suivre au Tibet. Ainsi, en mai 1950, Li Liuyuan, âgé de 18 ans, est entré dans l'armée.

Li Liuyuan, qui venait de rejoindre l'armée, ne savait pas ce que cela signifiait de suivre les troupes jusqu'au Tibet. « Après être entré dans l'armée, j'ai pris conscience que nous allions faire en sorte que le Tibet revienne vraiment dans les bras de la patrie. » Se rappelant du passé, le vieil homme a toujours le sentiment que son choix était le bon.

Lorsque la 18e Armée est entrée au Tibet, le Président Mao Zedong a explicitement demandé aux troupes tibétaines de « Libérer le Tibet sans dépendre des dispositions locales », ce qui exigeait que le soutien logistique devait pouvoir compter sur les troupes elles-mêmes.

Le vieil homme Li Liuyuan se rappelle que quand les troupes marchaient à un endroit, elles ne vivaient pas dans les maisons, elles n'entraient pas dans les temples, mais elles restaient campées sur place. « Même s'il pleuvait, et qu'il y avait de l'eau sur le sol, nous n'avions pas d'autre choix. Nous ne pouvions dormir que sur le sol. »

Ils se levaient vers 8 heures du matin et partaient vers 9h00 après avoir mangé vers leur prochaine destination. Ils arrivaient à destination à trois ou quatre heures de l'après-midi dans le meilleur de cas. Une fois arrivés au camp, il restait encore beaucoup à faire: monter des tentes, ramasser du bois de chauffage et cuire les repas... « Le repas était prêt à presque cinq heures, donc de 8h00 à 17h00, c'était presque neuf heures d'intervalle. Évidemment, on avait faim. »

Li Liuyuan quand il était jeune.

« Donc pendant un moment, j'étais très envieux des animaux. Parce que quand le cheval a faim, il prend une bouchée sur le bord de la route. Mais nous, si on a faim ? On ne peut que continuer. »

Contourner des montagnes enneigées, traverser des glaciers, réparer des routes... Il était difficile pour la 18e Armée d'entrer au Tibet. Son impression la plus forte est la faim. « Je pense que quand la 18e Armée est entrée au Tibet, le problème le plus difficile était l'approvisionnement. Il est extrêmement difficile, car tout le monde souffrait de la faim de temps en temps. J'ai eu trop d'expériences de la sorte. »

Un jour en 1950, Li Liuyuan s'est installé dans une maison d'un résident local. Li Liuyuan s'est ensuite mis en route sans petit-déjeuner. Parce qu'il avait faim, il était aussi étourdi, et il est tombé alors qu'il montait les escaliers. Après que la vieille grand-mère tibétaine lui ait donné de la tsampa, il s'est lentement réveillé. « Bien que je ne connaisse pas son nom, mais je me souviendrai toujours de son aide. »

En se rappelant ce passé qui semble inimaginable aujourd'hui, le vieil homme est pris par les émotions, car le pouvoir spirituel de l'homme n'est vraiment pas quelque chose de simple. « À cette époque, l'enthousiasme révolutionnaire de tout le monde était vraiment élevé. Le pouvoir de cet esprit était vraiment quelque chose d'incroyable. »

(Rédactrice : Lucie ZHOU)