Le Mont Erlang à l'époque: scène d'épreuves inoubliables pour l'APL

Publié le 2019-04-25 à 15:28  |  China Tibet Online

[NDLR] Dans les premiers jours qui ont suivi la fondation de la République populaire de Chine, le gouvernement central a décidé de libérer le Tibet, la dix-huitième armée de l'Armée populaire de Libération (APL) s'est vu confier la grande partie de cette mission importante.

Lian Youxiang en interview.

En mars 1950, photo de Lian Youxiang dans le comté de Mingshan.

D'un côté de la montagne, le ciel est haut et clair, de l'autre, de violentes tempêtes de neige font rage. De ce côté, il fait chaud et humide, mais de l'autre, le temps est rude et l'air anoxique. Voilà le Mont Erlang, une montagne qui non seulement divise les limites administratives de deux régions, mais qui sépare également deux fleuves qui s'y écoulent. Connu sous le nom de "Mont de Yinyang", le mont Erlang est redoutablement célèbre pour ses reliefs escarpés et son climat inhospitalier. Son passage dangereux lui vaut la réputation d'être la "gorge" du trajet routier Sichuan-Tibet.

Départ

Mobilisation pour les combattants qui construiraient plus tard la route vers le plateau tibétain. 

Au printemps 1950, Lian Youxiang a reçu l'ordre de se rendre dans la caserne de la région montagneuse de Ya'an, dans la province du Sichuan, pour se reposer et se tenir prêt pour une mission. À cette époque, il était instructeur du 2e Bataillon du 158e Régiment de la 18e Armée.

Un jour, le chef et le commissaire politique adjoint du 158e régiment de la 18e Armée sont venus à la caserne du bataillon pour lui confier une nouvelle tâche : la construction de routes. Après tant d'allers-retours sur les routes, il connaissait très bien l'importance qu'elle revêtait pour la 18e Armée qui entrerait sur le plateau tibétain. Après cette conversation, Lian Youxiang s'est consacré à l'étude de la topographie des zones où la route passe aujourd'hui, et a rassemblé des livres sur la construction routière.

Un matin de fin mars, des officiers et des soldats sont montés dans des voitures en direction de l'ouest. "Ce matin-là, la foule jouait des gongs et des tambours. Les garçons ont aidé à charger la voiture, et la vieille dame a rempli les poches des soldats d'œufs, d'arachides et d'autres collations.”

Trajet

La route entre la caserne et le comté de Kangding avait longtemps été abandonnée du fait de son mauvais état. Alors que le convoi passait devant Ya'an, il est devenu de plus en plus lent, avec tant d'arrêts qu'il était parfois nécessaire de pousser le véhicule juste pour aller plus loin. "La situation s'aggravait de plus en plus sur la route. C'est pourquoi nous avons décidé de marcher”. Une douzaine de kilomètres plus loin sur la route se trouvait un profond canyon de montagne. La plupart des passages à pied étaient bloqués par des glissements de terrain ou emportés par les inondations, et le passage était quasiment interrompu. Il n'y avait pas d'autre choix que de simplement prendre la déviation d'un chemin tortueux. Après deux jours et demi de marche ardue, les troupes sont arrivées à l'endroit désigné. Lian Youxiang leur a alors expliqué que "l'intersection", leur destination, marquait littéralement le croisement de deux routes.

"Ce tronçon de route était si raide qu'il était même impossible d'y installer un campement de tentes. Deux camps étaient installés plus loin, à 30 km du chantier, il est facile d'imaginer les difficultés endurées chaque jour. Afin d'assurer l'avancement des travaux, les soldats sortaient tôt et rentraient tard, et prenaient des repas froids sur le chantier à midi.

“Après trois ou quatre mois d'épreuves, nous avons finalement déménagé au bord de la route. Si le camp était proche des chantiers, nous observions toujours attentivement les conditions de la montagne, en prenant garde aux glissements de terrain."

Construction de la route

La dix-huitième armée du site de construction de la route.

Outils de réparation routière exposés dans le Memorial Hall de la route Sichuan-Tibet, sur la montagne Erlang, dans le comté de Luding.

Si les soldats pouvaient surmonter le problème des tentes, et il n'était pas facile pour l'infanterie de s'attaquer au nouveau problème que posait la construction de la route.

Les combattants connaissaient bien les tactique et manoeuvre de guerre, mais utiliser de la dynamite pour construire, au lieu de détruire, était pour eux un casse-tête. C'était la première fois qu'ils cassaient des pierres et faisaient des trous, ils avaient donc besoin de temps pour maîtriser la technique. “Au début, nous avons frappé le trou avec un marteau lourd de plusieurs kilos et nous avons des ampoules partout sur les mains. Certains soldats se faisaient souvent mal aux mains, et le nombre de blessés et de malades ne cessait de grimper”.

Certains combattants ont eu des griefs : "Nous sommes des soldats d'infanterie. On ne répare pas les routes”.

Juste au moment où les troupes de Lian Youxiang rencontraient des difficultés techniques dans la construction, le département du régiment a affecté à leur site un technicien, M. Zhou. Il leur a expliqué à plusieurs reprises les principes de la structure de construction des routes, la proportion de boue et d'agrégats à mélanger, la méthode de pavage, les pentes transversales des canaux de route, les petits ponceaux et le traitement des fossés de drainage, qui ont considérablement réduit les travaux répétitifs de construction.

Après des mois de travail acharné de la part des soldats du site de construction, la route de Ya'an à Ganzi a finalement été ouverte à la circulation. Chaque fois qu'un convoi de matériaux passait devant le camp, les soldats sautaient et se réjouissaient toujours de leur victoire, voyant les véhicules monter au sommet de la montagne Erlang.

(Rédactrice : Lucie ZHOU)