Diverses marques regrettent d'avoir fait de territoires chinois des pays distincts

Publié le 2019-08-13 à 15:46  |  French.china.org.cn

Les marques de mode Coach et Givenchy se sont excusées lundi sur les médias sociaux après que les internautes chinois leur aient reproché d'avoir vendu des vêtements qui qualifiaient de façon erronée Hong Kong et Taïwan de pays distincts. La veille, l'entreprise de mode italienne Versace s'était aussi excusée et avait perdu son ambassadrice de marque en Chine pour des raisons similaires.

Les trois marques présentaient un design similaire – une liste de villes et de pays qui incluait Beijing et Shanghai comme faisant partie de la Chine. Mais Versace avait fait apparaître Hong Kong et Macao comme deux pays distincts sur son design. Coach et Givenchy ont fait la même chose avec Hong Kong et Taïwan.

Des images des T-shirts de ces trois marques imprimés de manière erronée sont récemment apparues sur les microblogs de Sina Weibo en Chine.

Le fabricant japonais de vêtements de sport Asics a également présenté lundi des excuses à Sina Weibo pour sa catégorisation incohérente, car Hong Kong et Taïwan étaient répertoriés comme des pays distincts sur ses sites Web en langues étrangères, tout en plaçant les deux régions sous la rubrique Chine sur son site Web chinois.

Le mannequin chinois Liu Wen a fait savoir sur son compte officiel Sina Weibo qu'elle avait résilié son contrat avec Coach et condamné fermement cet acte pour avoir blessé les sentiments du peuple chinois. Mme Liu était devenue ambassadrice de la marque Coach le 26 juillet. « Je tiens à m'excuser pour les torts causés à tout le monde en raison de ma sélection peu judicieuse de marque à représenter », a-t-elle remarqué. « J'aime mon pays et je protégerai catégoriquement la souveraineté de la Chine. La souveraineté nationale et l'intégrité territoriale sont sacrées et ne peuvent être violées en aucune circonstance. »

Lundi midi, le studio du chanteur-acteur chinois Jackson Yee, également connu sous le nom de Yi Yangqianxi, a fait savoir dans un communiqué en ligne sur Sina Weibo qu'il avait mis fin à sa coopération avec Givenchy Beauty, la ligne de parfums et de maquillage de la marque. « Nous sommes extrêmement en colère contre Givenchy pour le design de vêtements soupçonnés de porter atteinte à la souveraineté nationale et à l'intégrité territoriale de la Chine », indique le communiqué. « Nous avons cessé toute coopération avec Givenchy. M. Yee et son studio défendent résolument le principe d'Une Seule Chine et protègent fermement la souveraineté nationale et l'intégrité territoriale. »

Lundi après-midi, Coach et Givenchy ont présenté leurs excuses sur Sina Weibo, se disant désolés pour les inexactitudes. Les deux marques ont également réitéré leur respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale chinoise, ainsi que leur engagement à fournir des produits et des services aux clients chinois.

Coach a posté des excuses sur son compte Twitter et Givenchy a fait de même sur sa page Facebook. Tous deux ont déclaré avoir immédiatement retiré ces produits de tous leurs canaux, soulignant que des mesures seraient prises pour éviter des erreurs similaires à l'avenir.

Les experts ont déclaré que ces controverses blessaient particulièrement les Chinois, en particulier alors que la RAS de Hong Kong se trouve impliquée dans des manifestations de plus en plus violentes et que les relations sur les deux rives du Détroit de Taïwan font face à des incertitudes croissantes.

Un éditorial du Quotidien du Peuple lundi a mis en doute la sincérité des excuses présentées par les sociétés étrangères. « S'ils en avaient vraiment tiré les leçons, ils ne devraient pas ‘faire la queue' pour semer le trouble dans des questions relatives à Hong Kong, Macao et Taïwan. » L'éditorial a mis en garde les sociétés étrangères, leur disant de ne pas porter atteinte à la souveraineté de la Chine. La Chine utilisera certains « outils défensifs » pour s'occuper des sociétés qui franchissent la ligne rouge.

Zhu Songling, professeur à l'Institut d'études taïwanaises de l'Université de l'Union de Beijing, a déclaré que si la plupart des pays reconnaissaient et respectaient le principe d'Une Seule Chine, certains pays tentaient depuis des années de semer le trouble par des moyens officiels et non officiels à Hong Kong et à Taïwan. « Cela place les entreprises étrangères qui souhaitent gagner de l'argent en Chine dans une situation particulière », selon M. Zhu. « Que ce soit intentionnel ou non, elles doivent être au diapason de la rhétorique politique de leur pays d'origine ou faire l'objet d'un examen minutieux dans leur pays. Cela implique de s'en tenir aux conventions de dénomination susceptibles d'exciter les clients chinois. »

En janvier dernier, la chaîne hôtelière Marriott avait répertorié la région autonome du Tibet, Taïwan, Hong Kong et Macao comme des pays distincts, ce qui avait entraîné la fermeture de son site Web et de son application en chinois pendant une semaine. Delta Air Lines et les magasins de vêtements Gap avaient également fait l'objet de controverses similaires en présentant de manière erronée les territoires chinois l'année dernière.

« Les entreprises étrangères savent que si elles veulent gagner de l'argent en Chine, elles doivent respecter les lois chinoises et entretenir de bonnes relations avec leurs clients »,  a précisé M. Zhu. « Elles s'excusent souvent et sont disposés à corriger leurs erreurs si elles sont prises en flagrant délit. Sinon, il n'y a pas beaucoup d'autres incitations pour qu'elles modifient leurs pratiques. »

(Rédactrice : Lucie ZHOU)