Les pays en développement peuvent-ils obtenir des vaccins face à la tendance de nationalisme vaccinal de plus en plus forte ?

Publié le 2021-02-23 à 15:02  |  China.org.cn

Le 17 février, le secrétaire général de l'ONU António Guterres a plaidé devant le Conseil de sécurité en faveur d'un Plan mondial de vaccination contre la pandémie de COVID-19. Mais en ce moment, le terme de nationalisme vaccinal est de plus en plus évoqué. Les pays en développement arriveront-ils à recevoir des vaccins de manière équitable et raisonnable ? La lutte mondiale contre la pandémie est entrée dans une course à la distribution juste et raisonnable des vaccins.

Dix doses par personne dans un pays riche contre une dose pour dix personnes dans un pays pauvre… Le nationalisme vaccinal se poursuit

Au Royaume-Uni, le nombre de vaccins commandés a atteint 510 millions de doses, soit environ quatre fois le nombre nécessaire pour la population totale du pays. Dans l'Union européenne (UE), les commandes de vaccins ont atteint 1,6 milliard de doses, soit un peu plus de deux fois le nombre nécessaire pour sa population totale. Le Canada a commandé au total 410 millions de doses, soit cinq fois le nombre nécessaire pour sa population totale. Parallèlement, plus de 130 pays n'ont pas encore obtenu de vaccin contre le COVID-19.

Selon le ministère sud-africain de la Santé, l'Afrique du Sud a dû payer ses premiers vaccins développés par AstraZeneca près de 2,5 fois plus cher que les pays européens. Cela a placé ce pays africain relativement riche dans la situation embarrassante de « ne pas pouvoir acheter des vaccins contre le COVID-19 ».

Des pays développés ont commandé plus que ce dont ils ont besoin, et des pays relativement pauvres n'ont pas encore obtenu de vaccins à temps pour plusieurs raisons, ce qui rend la situation épidémique dans ces pays hors de contrôle et finalement complexifie la situation épidémique dans les pays développés.

Le nationalisme vaccinal se trouve aussi dans les pays développés

Le fabricant de vaccins AstraZeneca a annoncé fin janvier qu'en raison de la capacité de production de ses usines européennes, il réduirait considérablement son approvisionnement en vaccins à l'UE d'environ 60% au premier trimestre.

La commissaire européenne à la Santé Stella Kyriakides a manifesté une forte protestation quant au fait que l’accord entre l'UE et AstraZeneca ait été conclu deux semaines plus tard que celui signé par l'entreprise avec le Royaume-Uni, alors que l'UE avait payé en avance 336 millions d'euros pour renforcer la production de 300 millions de doses de vaccin.

Le 29 janvier, l'Union européenne a annoncé que, conformément aux dispositions pertinentes de l'accord dans le cadre du Brexit, elle envisageait de restreindre l'exportation de millions de doses du vaccin contre le COVID-19 de l'Union européenne vers l'Irlande du Nord. La décision de l'UE a immédiatement irrité le gouvernement britannique. Le journal Daily Express avait titré en Une : « Les chefs de l'UE se comportent comme la mafia », et le Daily Mail avait considéré cela comme « une guerre des vaccins lancée par l'Union européenne ». Finalement l'UE a renoncé à inclure l'Irlande du Nord dans ses contrôles d'exportations le 30 janvier.

Selon CNN, le nationalisme vaccinal, qui inquiétait l'OMS et d'autres défenseurs de la santé publique, est bien là. Il a commencé en Europe, qui est pourtant la région la plus égalitaire au monde.

Le nationalisme vaccinal va ralentir le processus d'élimination de la pandémie de COVID-19

La nouvelle cheffe de l'Organisation mondiale du commerce (OMS) Ngozi Okonjo-Iweala a mis en garde contre un nationalisme vaccinal qui ralentira les progrès pour mettre fin à la pandémie.

« Le nationalisme vaccinal à ce moment ne sert à rien, parce que les variants du virus arrivent. Si d'autres pays ne sont pas immunisés, cela ne fera que nous frapper encore plus fort en retour », a-t-elle déclaré à Reuters. « Il est inadmissible que des gens soient en train de mourir ailleurs, attendant dans une file d'attente, quand nous avons la technologie. »

La Chine met activement en œuvre le plan de vaccination mondial

Au 27 février, la Chine avait offert des vaccins contre le COVID-19 à 53 pays en développement qui en avaient fait la demande.

Le 7 février, le Premier ministre cambodgien Hun Sen a salué l'envoi des vaccins chinois lors de l'arrivée du premier lot de 1 million de doses.

Le 14 février, un avion envoyé par le gouvernement du Zimbabwe est arrivé en Chine pour recevoir des vaccins contre le COVID-19 donnés par la Chine.

Les chefs d'État du Pakistan, du Chili, de la Bolivie, et de la Hongrie ont salué l'aide apportée par les vaccins chinois.

Hua Chunying, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a déclaré le 18 février que la Chine honorait ses engagements en mettant en œuvre la déclaration importante du président Xi Jinping visant à faire des vaccins un bien public mondial et à promouvoir leur accessibilité dans les pays en développement. « Nous sommes d'avis que toutes les parties doivent travailler ensemble pour rejeter le “nationalisme vaccinal” et promouvoir une distribution équitable et raisonnable des vaccins, notamment en les rendant accessibles dans les pays en développement, dont ceux en proie aux conflits. »

Comme l'a dit M. Guterres, la distribution des vaccins devrait apporter de l'espoir. En ce moment crucial, l'égalité de la distribution des vaccins sera un grand test de conscience pour le monde.

Seule la vaccination dans tous les pays et régions du monde mettra réellement fin à la pandémie de COVID-19.

(Rédactrice : Estelle ZHAO)