Ambassadeur du Burkina Faso en Chine : la Chine est capable d'éradiquer la pauvreté extrême en 2020

Publié le 2020-06-04 à 16:12  |  China.org.cn

L'année 2020 marque la date fixée par le gouvernement chinois pour accomplir la tâche d'éradiquer la pauvreté extrême en Chine. Adama COMPAORÉ, ambassadeur du Burkina Faso en Chine, a indiqué lors d'une interview écrite accordée à China.org.cn que la Chine avait excellemment réagit dans sa lutte contre le COVID-19 et la reprise des activités économiques. Cela prouve que la Chine a sans aucun doute la capacité d'éradiquer la pauvreté extrême en 2020.


Adama COMPAORÉ, ambassadeur du Burkina Faso en Chine

China.org.cn : La Chine a prévu d'éradiquer la pauvreté extrême cette année. Que pensez-vous des efforts de réduction de la pauvreté menés par la Chine ?

Adama Compaoré : Depuis la mise en œuvre de la réforme et de l'ouverture, la grande majorité des Chinois sont sortis de la pauvreté et la Chine est devenue le premier pays en développement au monde à atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement adoptés par les Nations unies.

Si je me réfère aux données du Bureau national des statistiques de Chine, le nombre d'habitants ruraux démunis est passé de près de 770 millions fin 1978 à 5,51 millions fin 2019. La proportion de personnes pauvres dans le pays est ainsi passée de 97,5 % à 0,6 % au cours de cette période. Sur la voie de la « réduction de la pauvreté », la Chine a fini par combler un gigantesque écart grâce à des décennies d'exploration et d'efforts sans relâche. Tout cela est très impressionnant.

La pandémie de COVID-19 a eu d'énormes répercussions économiques, avec notamment des pertes d'emploi, mais la prouesse du pays dans la lutte contre le COVID-19 et la dynamique de son économie font qu'il n'y a pas de doute en sa capacité d'éradication totale de l'extrême pauvreté en 2020.

China.org.cn : Selon vous, quel impact le COVID-19 aura-t-il sur l'objectif d'éradication de la pauvreté extrême d'ici la fin de 2020 avancé par la Chine ? Quels seraient vos conseils ?

Adama Compaoré : La pandémie de COVID-19 a eu un impact négatif sur les économies du monde entier. La Chine a l'avantage d'en être sorti en première et d'avoir pu relancer ses activités économiques. Beaucoup de mesures ont été prises pour atténuer l'impact du COVID-19 sur sa lutte contre la pauvreté ; notamment la mobilisation des entreprises et des départements gouvernementaux, afin de leur faire acheter des produits agricoles dans les régions pauvres. C'est une démarche qui permet d'augmenter les revenus des personnes pauvres et aussi d'aider à répondre à la demande des ménages urbains.

Je pense que le gouvernement chinois a pris la mesure du défi de l'éradication de la pauvreté dans un contexte de pandémie de COVID-19. Il y a un travail qui a été entamé, et il reste encore six mois en 2020, donc l'espoir est permis.

Le comité central du Parti communiste chinois (PCC), avec à sa tête le leader XI Jinping, a déjà une longueur d'avance après avoir décidé d'assurer en permanence la prévention et le contrôle de la pandémie, tout en continuant de suivre la politique de développement selon le principe dit d'« aller de l'avant à pas assurés ».

Certes, la tâche sera plus complexe, mais la Chine dispose de politiques et d'institutions particulières. Il y a aussi une base économique puissante, un marché au potentiel immense, ainsi que de la diligence et de l'intelligence au sein d'une population très importante. Ce sont des facteurs qui peuvent conduire à l'atteinte des objectifs.

China.org.cn : Quels sont les autres défis auxquels pourrait faire face la Chine en matière de réduction de la pauvreté après l'éradication de la pauvreté extrême en 2020?

Adama Compaoré : La Chine est une grande nation, et toutes les grandes nations ont de grands défis. Les leaders chinois ont élaboré une ligne directrice pour faire du pays une « société de moyenne aisance » après l'éradication de l'extrême pauvreté. Le Premier ministre LI Keqiang, lors de la 3e session de la 13e Assemblée populaire nationale (APN), a fait savoir dans son Rapport de travail du gouvernement que la Chine devait redoubler d'efforts pour maintenir les « six stabilités » (stabiliser l'emploi, la finance, le commerce extérieur, les capitaux, les investissements et les anticipations), garantir l'emploi, le bien-être de la population, le maintien du dynamisme des acteurs du marché, la sécurité alimentaire et énergétique, la stabilité des chaînes industrielles et d'approvisionnement, ainsi que le fonctionnement des administrations de base. Cette politique confortera le statut économique de la Chine sur la scène internationale et procurera un bien-être au peuple chinois.

China.org.cn : Quels seraient vos conseils pour renforcer la coopération internationale sur la réduction de la pauvreté ?

Adama Compaoré : Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), dont la mission principale est de soutenir l'Agenda 2030 pour le développement durable qui prévoit d'éliminer la pauvreté sous toutes ses formes et partout dans le monde d'ici à 2030, encourage d'une part les pays pauvres à redoubler d'efforts pour parvenir à éliminer la pauvreté, à travers des reformes et des programmes ambitieux, et incite d'autre part les pays développés à accroitre leurs contributions au titre de la coopération internationale et de l'aide au développement.

Dans ce processus, certains pays ont déjà obtenu des résultats forts appréciables, c'est pourquoi leurs expériences doivent servir d'école aux autres. La Chine, qui au cours des dernières décennies a profondément impressionné le monde, sera le premier pays à atteindre l'objectif de réduction de la pauvreté. Elle doit être un exemple pour les autres pays en développement, pour apporter sa dynamique organisationnelle, économique et sociale à l'édification d'un monde de paix, de stabilité, de développement et de prospérité.

(Rédactrice : Claire SHENG)