COVID-19: l'OMS met en garde contre les insultes racistes

Publié le 2020-03-20 à 13:12  |  China.org.cn

Mercredi, à l'occasion d'une conférence de presse, le directeur exécutif du Programme des urgences sanitaires de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), Michael Ryan, a mis en garde contre l'utilisation d'expressions liant le nouveau coronavirus à l'ethnicité, après que le président des Etats-Unis, Donald Trump, a utilisé de façon répétée l'expression « virus chinois » dans ses discours et ses tweets de ces derniers jours.

Depuis le début de l'épidémie, l'OMS souligne que le virus ne connaît pas de frontières et ne se soucie pas de l'ethnicité, de la couleur de peau ni de la richesse des individus. « Il est vraiment important que nous soyons attentifs au langage que nous utilisons, au risque que celui-ci entraîne un profilage des individus associés avec le virus. [...] C'est quelque chose que nous devons tous éviter », a expliqué Michael Ryan.

Celui-ci a également fait valoir que l'épidémie de grippe de 2009 était originaire d'Amérique du Nord et « nous ne l'avons pas appelé la grippe nord-américaine… il est donc très important que nous adoptions la même approche lorsqu'il s'agit d'autres virus », a-t-il fait remarquer.

Selon lui, le monde a surtout besoin de solidarité et d'entraide, et devait éviter toute indication ethnique ou autre association avec le virus.

Lors de la conférence de presse, le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a continué à appeler les pays à adopter une approche globale dans la lutte contre la propagation du COVID-19, alors que les gouvernements d'Europe et d'Amérique du Nord ont renforcé les mesures.

Jusqu'à présent, plus de 200 000 cas ont été rapportés à l'OMS et le virus a coûté la vie à plus de 8000 personnes. Par ailleurs, plus de 80 % de tous les cas proviennent des deux régions de l'Ouest Pacifique et d'Europe, a révélé l'OMS.

Chaque jour, l'OMS s'entretient avec les ministres de la Santé, les chefs d'Etat, le personnel de santé, les gestionnaires d'hôpitaux, les leaders industriels et les chefs d'entreprises pour les aider à se préparer et à établir une liste des priorités en fonction de leur situation spécifique.

« Nous savons que beaucoup de pays font désormais face à une escalade de l'épidémie et se sentent submergés », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, selon qui l'OMS continue de recommander l'isolement, le test et le traitement de chaque cas suspect, ainsi que le dépistage de tous les contacts.

« Cela doit être le pilier de la réponse dans chaque pays. [...] Il s'agit du meilleur espoir pour éviter une transmission large au sein de la communauté. [...] L'OMS continue à appeler tous les pays à mettre en œuvre une approche globale, avec pour objectif de ralentir la transmission et d'aplanir la courbe », a-t-il expliqué.

Mercredi, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé que la Chine enverrait des équipements de protection pour aider l'Union européenne à lutter contre le nouveau coronavirus. Elle a indiqué que la Chine avait accepté d'envoyer 2 millions de masques chirurgicaux, 200 000 masques faciaux N95 et 50 000 kits de test à l'UE, et que ces fournitures pouvaient être expédiées immédiatement à l'UE.

« Nous sommes reconnaissants envers la Chine pour son soutien », a-t-elle déclaré. Lorsque la Chine avait été touchée initialement par le COVID-19, l'UE avait elle aussi envoyé des fournitures médicales pour l'aider à lutter contre l'épidémie. Toutefois, l'OMS a fait savoir la semaine dernière que l'Europe était désormais devenue l'épicentre de la pandémie.

De plus, la Chine a envoyé des masques, des équipes médicales et des appareils d'assistance respiratoire directement à des pays comme l'Italie et la Belgique.

Mercredi, la Belgique (dont la population atteint les 11 millions d'habitants) est devenue le dernier pays en date à imposer un confinement général pour endiguer la propagation du virus. Jusqu'au 5 avril, la population belge ne sera autorisée à sortir de chez elle que pour des raisons essentielles, comme des achats alimentaires et des trajets liés à la santé.

La décision de la Belgique survient quelques jours seulement après le confinement de 15 jours imposé par la France et des confinements sont d'ores et déjà en vigueur en Italie et en Espagne, les deux pays européens ayant enregistré le plus grand nombre de cas.

Par ailleurs, les Etats-Unis et le Canada ont décidé mercredi de suspendre les voyages non essentiels entre les deux pays du fait de la pandémie, a annoncé Donald Trump. Le président américain a continué à utiliser l'expression « virus chinois » − largement considérée comme raciste et critiquée − pour décrire le COVID-19, allant à l'encontre des recommandations répétées de l'OMS.

(Rédactrice : Claire SHENG)