France : le bras de fer entre gouvernement et syndicats se poursuit sur le projet de réforme des retraites (SYNTHESE)

Publié le 2020-01-08 à 10:41  |  Xinhua

Les négociations sur le projet de réforme des retraites ont repris entre gouvernement et partenaires sociaux mardi, 34ème jour de grève dans les transports. Et en attendant de trouver un compromis vendredi prochain sur l'âge pivot - pour inciter à travailler plus longtemps - principal point de discorde, les syndicats maintiennent la pression sur le gouvernement.

Le Premier ministre Edouard Philippe a montré mardi un signe d'ouverture, à quelques heures de la reprise des négociations, en se disant n'être "fermé sur aucune modalité "concernant l'équilibre du système de retraites qui l'oppose aux syndicats.

"Je propose de le (l'équilibre du système de retraites) garantir par la mise en place d'un âge pivot", a dit M. Philippe sur RTL. "Mais si les organisations syndicales et patronales s'entendent pour un meilleur système, je le prendrai", a-t-il ajouté.

Le Premier ministre a même retenu à cet effet, l'idée d'une Conférence de financement du système proposé par le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, pour, dit-il "donner un contenu, un mandat à cette conférence, et donc d'avancer".

Pour convaincre de sa volonté de dialoguer, M. Philippe a annoncé mardi au sortir des négociations, la tenue de la Conférence sur le financement du système des retraites vendredi prochain.

Mais malgré ce signe d'ouverture, les syndicats vont continuer de mettre la pression à travers grèves et manifestations pour contraindre le gouvernement à céder sur l'âge pivot pour les réformistes (CFDT, UNSA etc) et sur le projet de retraite par point pour la CGT, FO ou encore Sud rail.

"On note la volonté d'ouverture de discussion sur la question du financement des systèmes des retraites", a dit le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, au sortir de la rencontre. Cependant, le syndicaliste souhaite que cette ouverture de M. Philippe, aille plus loin en rejetant du projet de loi la question de l'âge pivot.

"Si l'objectif de la réunion de vendredi c'est de recycler ou de négocier l'adaptation de l'âge pivot, la réponse est non pour la CFDT", a prévenu M. Berger tout en rappelant que son syndicat restera mobilisé, et a déjà prévu pour le 11 janvier des "initiatives diverses" pour le retrait de l'âge pivot.

L'Unsa a aussi exigé le retrait de l'âge pivot. "D'ici vendredi on reste mobilisé pour continuer à dénoncer le fait que le compte n'y est pas", a menacé à son tour le secrétaire général de l'Unsa, Laurent Escure.

Contrairement aux syndicats dits réformistes qui réclament le retrait de l'âge pivot du projet, la CGT et Sud Rail s'opposent à la réforme par point. Pour Catherine Perret de la CGT, quelle que soit la modalité, cela conduit à travailler plus longtemps et avoir demain des pensions plus bases pour tous.

Donc, "les grèves ne sont pas prêtes de s'arrêter. Et les salariés seront très fortement mobilisés dès jeudi pour réclamer le retrait de la réforme à point qui est une réforme mortifère pour tous les salariés", a-t-elle déclaré à sa sortie de la rencontre.

Alors que les négociations reprennent ce mardi, la CGT a appelé au blocage des raffineries et dépôts de carburants dans tout le pays du 7 au 10 janvier. Au total, sept raffineries sur huit sont en grève selon le syndicaliste, Emmanuel Lépine, secrétaire général de la Fédération nationale des industries chimique - Cgt. "Les sites portuaires du Havre sont aussi en grève. Il n'y a pas d'hydrocarbure qui sort de ces sites et ceci pendant 96 heures", a déclaré sur France info M. Lépine.

(Rédactrice : Estelle ZHAO)