Les entreprises américaines expriment leurs inquiétudes sur l'impact des tarifs douaniers de l'administration Trump

Publié le 2019-06-20 à 11:24  |  Xinhua

Les entreprises américaines ont déclaré mercredi aux responsables que la nouvelle vague de relèvement de tarifs douaniers sur les produits chinois envisagée par l'administration des États-Unis "impactera gravement les marchands des États-Unis", à l'occasion d'une procédure d'audiences destinées à exprimer les commentaires publics sur ce projet de loi, procédure d'une semaine qui est entrée mercredi dans sa troisième journée.

Alexander Koff, représentant le fournisseur d'appareils de paiement électronique américain Verifone, a fait valoir dans son témoignage écrit que son entreprise était "inquiète que les relèvement de tarifs douaniers envisagés n'impactent gravement les marchands des États-Unis, en particulier les entreprises petites, moyennes et locales".

Selon M. Koff, qui est représentant juridique de Verifone, les terminaux de services de paiement avaient été exclus auparavant des précédentes séries de mesures douanières du gouvernement américain. "Ces articles devraient à nouveau en être retirés", a-t-il dit dans son témoignage. "Les maintenir sur cette liste n'a aucun impact sur la Chine mais a un impact négatif très fort sur les entreprises et consommateurs des États-Unis".

Citant des statistiques de l'Association des opérateurs de transactions électroniques, basée à Washington, M. Koff a précisé que la part de marché des compagnies américaines dans le secteur des paiements électroniques était déjà en déclin, tandis que celle de la région Asie-Pacifique marque un essor de 28,3%.

"Les baisses de ventes aux États-Unis seront facilement absorbées ailleurs, en particulier en Asie", a fait valoir M. Koff.

Fondée en 1981 à Hawaï et aujourd'hui domiciliée en Californie, Verifone est désormais implantée dans plus de 150 pays et emploie près de 6 000 personnes dans le monde, selon les informations figurant sur le site de l'entreprise.

Elle emploie plus de 1 200 travailleurs américains dans des États tels que la Californie, la Georgie, la Floride et l'Illinois, selon M. Koff.

M. Koff est membre du premier des huit panels de témoins qui sont venus s'exprimer devant le Comité de la section 301 du Bureau du représentant américain au commerce (USTR).

Les nouveaux tarifs douaniers, d'un taux de 25% et portant sur des produits d'importation chinois représentant en valeur un montant total d'environ 300 milliards de dollars, sont basés sur les conclusions d'une prétendue enquête menée par le Bureau du représentant au Commerce sur la Chine, au titre de l'article 301 de la Loi sur le commerce de 1974 - un outil unilatéral utilisé par Washington pour servir ses propres intérêts en cas de litiges commerciaux avec d'autres économies.

Des droits de douane de 25 % s'appliquent déjà sur quelque 250 milliards de dollars de marchandises chinoises dans le cadre d'une mesure commerciale liée à l'article 301.

En réponse, la Chine a adopté le 1er juin des relèvements de tarifs douaniers sur tout un éventail de produits importés des États-Unis.

Ces audiences organisées au siège de la Commission des États-Unis sur le commerce international ont débuté lundi et dureront jusqu'au 25 juin. Des centaines de témoins, représentant différents secteurs d'activité économique doivent venir y plaider leur cause, en demandant le retrait de leurs produits de la liste envisagée des produits soumis aux tarifs douaniers.

Les représentants commerciaux témoignant devant cette commission ont généralement fait valoir que les mesures douanières envisagées pénaliseraient des industries nationales et des consommateurs américains, et que les entreprises dont les produits sont visés ne peuvent pas tout simplement quitter la Chine à court terme en raison de la nature irremplaçable des chaînes d'approvisionnement chinoises.

(Rédactrice : Claire SHENG)