La « théorie des États-Unis perdants », ça suffit !

Publié le 2019-05-16 à 09:46  |  People's Daily

Aux États-Unis, il y a toujours des gens qui parlent avec inquiétude du prétendu « énorme déficit commercial » entre la Chine et les États-Unis, soutenant que « les États-Unis perdent 500 milliards de dollars par an » et que « les États-Unis ont perdu des millions d'emplois dans le secteur manufacturier », et affirmant même que les États-Unis sont une victime du commerce sino-américain. Au cours de l'année écoulée, cette « théorie de la perte » est devenue à plusieurs reprises l'une des prétendues bases sur lesquelles les États-Unis imposent régulièrement une pression extrême sur la Chine, malgré la sincérité de celle-ci.

Les États-Unis sont la première puissance économique du monde et ce sont aussi eux qui élaborent les règles du commerce mondial. Si les États-Unis sont vraiment des « perdants », cela signifie-t-il pas que les règles établies par les décideurs profitent à ceux-ci aux dépends des autres ? Si c'est le cas, ce n'aurait alors rien d'étrange. Que ce soit dans le commerce mondial ou dans le commerce bilatéral sino-américain, les États-Unis sont loin d'être une victime, mais au contraire en tirent d'énormes avantages. Ce point, les industries américaines concernées, les consommateurs et les économistes américains le savent très clairement.

L'énorme déficit commercial des États-Unis n'est pas né en Chine, il ne finira pas non plus avec la Chine. D'une part, ce sont une consommation excessive, une épargne insuffisante et des déficits budgétaires énormes qui sont les causes fondamentales du déficit commercial des États-Unis. Les États-Unis utilisent également le dollar comme principal moyen de paiement et comme monnaie de réserve pour le commerce international, et avec un déficit commercial croissant, l'achat d'obligations du Trésor américain avec des dollars qui reviennent leur permet d'obtenir une grande quantité de capital bon marché pour investir dans les domaines de haute technologie et devenir de fait le plus grand bénéficiaire de la mondialisation économique. Carmen Reinhart, professeur de finance internationale à la Kennedy School of Government de l'Université Harvard, estime ainsi que les États-Unis n'ont aucune raison d'accuser les pays qui enregistrent des excédents commerciaux. Son opinion représente le point de vue des plus grands économistes internationaux.

Le déficit commercial avec la Chine n'est qu'un phénomène superficiel et ne reflète pas la réalité des intérêts commerciaux américains en Chine. L'économie mondiale est déjà entrée dans l'ère de la chaîne de valeur mondiale. Du point de vue de la production, les États-Unis se situent au sommet de la chaîne industrielle et de la chaîne de valeur mondiales. Ils contrôlent les liens à haute valeur ajoutée tels que la technologie des brevets, les composants essentiels, la recherche et le développement, la conception et le marketing, et obtiennent des bénéfices énormes. Les téléphones portables Apple en sont un exemple bien connu. Si tous les excédents sont comptabilisés dans les pays exportateurs de produits finis, il est évidemment impossible de refléter de manière objective la répartition de la valeur dans le commerce. En fait, depuis 2011, afin de montrer les bénéfices réels d'un pays dans la chaîne de valeur, l'OMC et l'OCDE ont défendu le point de vue de la production internationale du point de vue du « secteur manufacturier mondial » et ont introduit la méthode de la « comptabilisation de la valeur ajoutée par le commerce ». Malheureusement, les États-Unis ont toujours adopté l'attitude qui consiste à « prendre ce qui les arrange et rejeter ce qui ne leur convient pas » envers les institutions multilatérales telles que l'OMC. Même avec une méthode scientifique, cette idée de ne pas voir ce que nous pouvons utiliser est absolument intenable.

À l'heure actuelle, les entreprises à capitaux américains en Chine ont un chiffre d'affaires annuel de 700 milliards de dollars et des bénéfices de plus de 50 milliards de dollars. Elles sont une illustration de sociétés américaines partageant les opportunités et les réalisations découlant du développement de la Chine. Il est bien connu que les prix aux États-Unis sont bon marché. Au fil des années, alors que les banques centrales s'attachaient à réduire l'inflation, l'inflation aux États-Unis est restée inférieure à l'objectif de 2%. C'est le commerce sino-américain qui introduit des produits chinois de haute qualité et à bas prix dans des millions de ménages aux États-Unis et améliore le bien-être des consommateurs.

Comme le soulignait Robert Wright, écrivain américain bien connu du magazine Time, dans son livre « Le non-zéro : la logique de la destinée humaine », la prospérité de la destinée humaine doit savoir comment passer de l'époque « à somme nulle » à une époque « à somme non nulle ». Au cours des 40 dernières années, le commerce sino-américain a été multiplié par plus de 230. Si ce n'est pas une situation gagnant-gagnant, mais une « somme nulle » dont a eu à souffrir une partie, alors comment un tel changement a-t-il pu être opéré ?

La Chine est toujours été un grand importateur et elle a ouvert ses portes au monde, elle est aujourd'hui le plus grand partenaire commercial de plus de 120 pays et régions. La Chine n'a jamais cherché à dégager un excédent commercial et espère sincèrement développer les importations de produits compétitifs en provenance des États-Unis. Les analyses d'agences américaines ont révélé le fait que, si les restrictions à l'exportation de produits de haute technologie civils étaient assouplies, le déficit commercial des États-Unis avec la Chine pourrait être réduit d'environ 35%. Pouvez-vous reprocher à quelqu'un votre propre refus d'exporter des produits qui présentent des avantages ?

De même, affirmer que le déficit commercial avec la Chine a entraîné des pertes d'emplois aux États-Unis est un bavardage d'ignorants. Depuis de nombreuses années, la plupart des universitaires américains ont expliqué que les pertes d'emplois dans le secteur manufacturier aux États-Unis étaient dues à l'adaptation de leur propre structure économique : grâce à une automatisation accrue de la production et à des investissements robotiques, la productivité manufacturière a augmenté. Le commerce extérieur entraîne l'élimination et le transfert des industries de qualité inférieure, mais il entraîne également le développement d'industries offrant des avantages, ce qui permet en retour de moderniser la structure industrielle. Des recherches menées par des établissements universitaires tels que l'Université de Californie ont révélé qu'au lieu de perdre des emplois à cause du commerce extérieur, les États-Unis ont au contraire acquis davantage d'emplois bien rémunérés grâce à lui.

Ces simples faits et logiques prouvent depuis longtemps que le déficit commercial et la perte d'emplois dans le secteur manufacturier ne peuvent pas venir à l'appui de l'argument de la « théorie de la perte ». S'en tenir à la « théorie de la perte » des États-Unis peut faire basculer temporairement les contradictions internes, mais avec le temps, c'est le peuple américain qui en deviendra la véritable victime. En avril, une étude menée par la National Association for Business Economics sur l'environnement des entreprises aux États-Unis a révélé que les trois quarts des producteurs de produits de base interrogés étaient affectés par les récents droits de douane, qui ont augmenté leurs coûts et incité la moitié d'entre eux à augmenter leurs prix de vente. Les consommateurs, les agriculteurs et les entreprises américains sont victimes des frictions commerciales provoquées par les États-Unis plutôt que du soi-disant « comportement de concurrence déloyale » de la Chine.

Quiconque ayant un œil averti peut voir que cette prétendue « théorie de la perte » est loin d'être aussi simple que de jouer la comédie du malheur et ne cesser de se plaindre. Derrière cette façon de « raconter des histoires en prétendant être désolé » des États-Unis, il y a autre chose. C'est simplement que ceux qui ont répandu ce mauvais argument ont mal fait leurs calculs. L'économie chinoise a beaucoup de potentiel et de résilience: elle est tout à fait capable et convaincue de promouvoir un développement économique plus poussé grâce à une plus grande ouverture et à la demande intérieure, de surmonter les frictions commerciales sino-américaines et de parvenir à une économie chinoise stable et de grande envergure.

Les points de désaccord avec les faits, intenables et préjudiciables aux autres se répète encore et encore : ceux qui parlent ne sont pas fatigués mais ceux qui les écoutent sont fatigués.

(Rédactrice : Lucie ZHOU)