L'abolition du servage féodal est un choix de l’histoire (Partie II)

Publié le 2019-04-12 à 16:09  |  China Tibet Online

Un bon exemple de serfs émancipés : le groupe d’entraide Langsheng (serf) dans le canton de Jieba, comté de Nêdong (1963). ©Chen Zonglie

L'existence du servage féodal a non seulement entravé le progrès de la société et de la productivité au Tibet, mais a également violé les lois du développement de la société humaine.

En octobre 1949, à la suite de la fondation de la République populaire de Chine, un nouveau système social sans exploitation et sans oppression est progressivement mis en place. Compte tenu du déséquilibre dans le développement de la société chinoise, le gouvernement central a mis en œuvre différentes politiques en faveur des communautés ethniques minoritaires dans les régions reculées ou dans celles où la productivité est extrêmement faible. De 1953 à 1958, les zones de minorités ethniques du Xinjiang, du Yunnan et du Sichuan ont successivement mis en œuvre des réformes démocratiques et aboli le servage féodal et l'esclavage.

Partout dans le monde, le servage féodal et l'esclavage ont disparu il y a des siècles. Aux XVIIIe et XIXe siècles, la France, la Grande-Bretagne, la Russie, les Etats-Unis, entre autres, les ont aboli. En 1948, la Déclaration universelle des droits de l'homme adoptée par les Nations Unies dispose que « nul ne doit utiliser ou asservir des esclaves, et que toute forme d'esclavage et de commerce des esclaves est interdite ».

En 1956, les Nations Unies ont spécialement promulgué la Convention supplémentaire sur l'abolition de l'esclavage, le commerce des esclaves et des pratiques analogues, ce qui exige les États parties de prendre toutes les mesures pratiques et nécessaires, législatives et autres, afin d’abolir ces pratiques progressivement, rapidement et complètement.

La première moissonneuse-batteuse est arrivée à Lhassa (1955). ©Lan Zhigui

Néanmoins, soixante ans plus tôt, le Tibet maintenait toujours le servage féodal. Les grands propriétaires d’esclaves possédaient de grandes richesses et profitaient d’une vie aisée. Avant les réformes démocratiques, la famille Dalaï occupait, elle seule, 27 manoirs, 30 pâturages et plus de 6 000 serfs. Chaque année, environ 462 000 kilos d'orge, 35 000 kilos de beurre, 2 millions de lingots d'argent tibétain, 300 bovins et ovins, ainsi que 175 rouleaux de pulu (tissu tibétain) étaient extraits des serfs.

En 1951, malgré la réticence des tenants du servage féodal, le contenu de la réforme de l'ancien système a été inclus dans l'Accord en 17 points pour la libération pacifique du Tibet. Après 1952, le Comité de travail tibétain a organisé la classe supérieure du Tibet à visiter le reste du pays. Les membres ont été témoins du développement rapide de leur patrie, et certains ont subi des changements majeurs dans la profondeur de leurs pensées, éliminant graduellement les préoccupations concernant la réforme de l'ancien système.

Après la libération pacifique, la première grande centrale électrique du Tibet, la Station Najin, est inaugurée (1960). ©Lan Zhigui

En octobre 1955, Mao Zedong a échangé avec les chefs d’une délégation tibétaine et d’une délégation de la jeunesse tibétaine. Durant, Quji Nima, un grand aristocrate, qui était autrefois un Kalon (ministre) du gouvernement régional du Tibet, a déclaré : « Personnellement, je n’ai aucun souci concernant la réforme, vu le succès dans le reste du pays ». Ciwang Duiji, qui était alors un Kalon (ministre) du gouvernement régional du Tibet, a déclaré : « Faute de connaissances, j'avais peur. Après avoir écouté le président, ma peur s’est envolée. A l'avenir, on doit mener des réformes sinon aucun développement se réalisera. »

En 1955, Baima, chef de tribu tibétain et directeur adjoint du Comité de libération du comté de Zayü, au retour de sa visite au reste du pays, a annoncé la mise en place de vacances dominicales pour les serfs et a fait connaître les réformes aux masses, indiquant qu'il allait d'abord lancer la réforme de ses propres terres. Une partie des terres cultivées de son intendant Nanjia a été distribuée aux serfs. Il a libéré ses serfs et les a laissés vivre sur leurs propres moyens. Selon des habitants du village de Pang dans le comté de Doilungdêqên, en 1956, le gouvernement central avait invité les propriétaires de terres tibétains à visiter le reste du pays. De retour au Tibet, un propriétaire de manoir nommé Gacha Gsangsi a décidé de distribuer ses terres aux serfs et de leur donner la liberté.

Une femme conducteur de tracteur. ©Chen Zonglie

Dans le même temps, le réveil croissant du peuple a également constitué un puissant moteur de réforme. Ils ont consciemment résisté à l'exploitation et à l'oppression du servage féodal. Le 25 juillet 1956, des agriculteurs du nord de Lhassa ont remis au 14e Dalaï Lama une lettre commune avec 65 empreintes de mains, dans laquelle est écrit : « Nous, les agriculteurs, sommes plus impatients que quiconque d'une réforme. »

Le réveil du peuple et le soutien d’une partie de la classe supérieure des réformes ont constitué la tendance du progrès social. Bien que les groupes réactionnaires de la classe supérieure n'hésitions pas à lancer une rébellion pour bloquer la tendance historique afin de maintenir ce qu'ils estimaient chez le servage le système « le plus beau et le plus sacré », la disparition du système esclave et le remplacement de l'ancien système par le nouveau sont inéluctables.

Un serf émancipé prend de l’alcool d’orge pour fêter les bonnes récoltes. ©Chen Zonglie

(Rédactrice : Claire SHENG)