Ngari : les quatre « générations » de logement

Publié le 2019-04-09 à 11:03  |  China Tibet Online

Le village de Chusong vu d’en haut. La rivière Ruxu Zangbu traverse le village.

Les logements de quatre « générations » dans le village de Chusong. Le logement de la première génération se trouve en bas de la photo. Un peu plus haut, c’est celui de la deuxième génération, en argile et en bois. La troisième génération en pierre se trouve en haut à gauche. Et la quatrième génération, toute neuve et sur deux étages, se trouve en haut à droite.

Le village de Chusong, placé sous la juridiction du canton de Chulu Songjie (Zamda, Ngari, Tibet), se situe à l’extrémité sud-ouest de la Chine. Son nom signifie « la terre où les lacs sont taris ». Sur ce territoire à 4 000 mètres d’altitude, les montagnes sont couvertes de neige six mois de l’année, ce qui bloque toutes les entrées et sorties de ce lieu. Voilà une vraie « île de neige isolée ».

Il existe trois types d’anciennes maisons dont les couleurs sont différentes. A leurs côtés se trouve un bâtiment d’un blanc flambant neuf sur deux étages. On peut ainsi percevoir le grand changement dans les zones frontalières de la Chine.

Ngodup Rgyatso dans son logement de la première « génération ». 

Les logements de la première « génération » du village, entièrement en argile, sont bas et sombres. Construits avant la libération pacifique (1951), ils ont pratiquement été réduits en ruine.

« Ce petit espace était réservé à la cuisine et au repos. J’habitais ici quand j’étais enfant. Dépourvu de lit, toute ma famille couchait au sol », se rappelle Ngodup Rgyatso, un homme d’un certain âge qui vit à Chusong depuis toujours. « En plus, cette petite chambre ne m’appartenait même pas ; il s’agissait de la propriété du chef de tribu », poursuit-il.

Ngodup Rgyatso devant son logement de la deuxième « génération ». 

Ngodup Rgyatso entre dans son logement de la deuxième « génération ». 

Les logements de la deuxième « génération » à Chusong : sur deux étages, dont le rez-de-chaussée est de la couleur de  l'argile, tandis que le premier étage est peint en blanc. Ces bâtiments en bon état ont été édifiés en 2005 à l'aide du fonds national consacré aux régions frontalières. 

Ngodup Rgyatso devant son logement de la troisième « génération ».

Le logement de la troisième « génération » est en pierre et peint en nankin. Ces bâtiments d’un ou deux étages ont été construits en 2012 dans le cadre du projet de logements sociaux destinés aux agriculteurs et bergers. Malheureusement, ils ont été abîmés par des inondations.

Ngodup Rgyatso dans son logement de la troisième « génération ». Le salon et les chambres sont décorés avec des motifs tibétains. Des fissures sont apparues sur des murs à la suite d’inondations.

« Pour construire ce logement, l’Etat nous a versé 13 000 yuans (environs 1 700 euros) », déclare Ngodup Rgyatso. « Mais plus tard, les inondations l’ont malheureusement abîmé. » regrette-t-il.

Le nouveau logement de Ngodup Rgyatso, de la quatrième « génération ».

Ngodup Rgyatso dans la cour de sa maison de la « quatrième génération ».

Une nouvelle résidence indépendante de deux étages avec les murs blancs et le toit rouge foncé. Cette résidence de la quatrième « génération », sure et comfortable, a été bâtie dans le cadre du projet pilote de construction de village aisé lancé en 2016. La taille standard est de 25 mètres carrées pour chaque personne. Ainsi, la famille de Ngodup Rgyatso s’est procuré un appartement indépendant avec une cour.

« Au cours de ces trente dernières années, notre maison a été rebâtie trois fois, et a toujours retrouvé toute sa beauté », se réjouit Ngodup Rgyatso, en buvant un thé.

Le changement date de l’année 1984 quand le canton Chulu Songjie a définitivement quitté son « état primitif » et a été inclus dans le management du Parti et du gouvernement.

En 2012 a eu lieu la première Assemblée populaire du canton Chulu Songjie, ainsi que la construction et la rénovation des infrastructures, telles que le centre d’hygiène, les maternelles et les écoles. Egalement en cette année, des projets pilote pour assurer le bien-être du peuple, tels que la construction des villages aisés aux frontières et la relocalisation des habitants, sont mis en chantier progressivement.

Ngodup Rgyatso a fait les comptes des ressources de sa famille de trois personnes : les subventions annuelles pour les habitants frontaliers, pour le pâturage et la sylviculture sont respectivement de 4 200 yuans (environs 558 euros), de 5 500 yuans (environs 730 euros) et de 3 557 yuans (environs 500 euros) pour chaque personne. En outre, en tant que gardien écologique, il touche une prime annuelle de 3 500 yuans (465 euros). Sa fille, étudiante, reçoit aussi chaque mois 500 yuans (environs 66 euros) à titre de l’aide aux besoins.

« Auparavant, c’étaient nous qui remettions de l’argent au chef de tribu. Maintenant, c’est le gouvernement qui nous donne de l’argent », déclare-t-il, « en calculant mes revenus, je suis profondément reconnaissant envers le Parti et le gouvernement. »

En 2017, le revenu disponible par habitant dans le canton Chulu Songjie a atteint 8 743 yuans (environs 1 162 euros) ; En 2018, tous les habitants du canton sont sortis de la pauvreté.

(Rédactrice : Claire SHENG)