Comment le Tibet fait ses adieux aux « villages sans arbres »

Publié le 2019-03-04 à 09:48  |  People's Daily

« Je suis allé à Lhassa pour la première fois il y a plus de 20 ans, et là, pour la première fois de ma vie, j'ai vu un arbre. J'ai réfléchi et je me suis dit que ce que ce serait bien s'il y avait des arbres et de la verdure à Nagqu », a dit Sangdandajie, éleveur de troupeau originaire de la ville de Nagqu, âgé de 48 ans. Avant l'âge de 26 ans, Sangdandajie n'était jamais allé dans un endroit en dehors de sa ville natale et n'avait jamais vu d'arbre. Aujourd'hui, le taux de couverture forestière dans la région autonome du Tibet a atteint 12,14%.

De nos jours, la ville de Nagqu, qui a constamment amélioré le taux de survie des arbres grâce à la technologie, et qui se trouve à une altitude moyenne de plus de 4 500 mètres et connaît une période de vent, de neige et de gel du sol de plus de six mois, a fait ses adieux à son statut de « seule ville sans arbres de Chine ».

« Maintenant, il y a des arbres à Nagqu. Bien que ce ne soit pas comparable à Lhassa, on peut voir de la verdure en été. Les enfants d'aujourd'hui ne sont pas comme nous, qui ne voyions pas d'arbres quand nous étions jeunes. Ils voient des arbres depuis leur enfance », a déclaré Sangdandajie.

La végétation près d'un village du plateau du Tibet est luxuriante.

Le Tibet est connu comme le « toit du monde » et le « troisième pôle de la terre »; c'est la « source des fleuves et rivières » et la « source écologique» de la Chine, de l'Asie du Sud et de l'Asie du Sud-Est, ainsi que le « régulateur » du changement climatique en Asie et même dans l'hémisphère nord. Son état écologique est donc extrêmement important.

Au cours des dernières années, le Tibet a intensifié les activités nationales de verdissement et mis en œuvre des projets de boisement et de verdissement de la région des « Deux fleuves et les quatre rivières ». Selon les statistiques, en 2018, 75 000 hectares ont été reboisés au Tibet, ce qui a permis à 863 villages de mettre fin à leur longue histoire de « villages sans arbres » et le taux de couverture forestière dans l'ensemble de la région est passé à 12,14%.

Un paysage naturel de la région de Nyingchi, dans la région autonome du Tibet.

A Nagqu, sur les deux côtés de la rue ouest du Zhejiang, il y a désormais une ceinture verte d'une longueur totale de 1 200 mètres et de 612 arbres. C'est la première fois dans l'histoire de la ville.

En novembre 2016, sous l'impulsion du ministère des Sciences et Technologies et de la région autonome du Tibet, le groupe Yili a entrepris un projet scientifique et technologique majeur pour la plantation d'arbres à Nagqu. « Après plus de deux ans de recherche scientifique, en particulier après des tests sévères au froid intense, aux vents forts et aux rayons ultraviolets puissants, les essais ont donné les premiers résultats », a déclaré Hao Wei, chef du projet du groupe Yili.

Afin de soutenir les tests et les essais de plantation d'arbres de type alpin dans la ville de Naqu, la région autonome du Tibet a investi 10 millions de yuans (environ 1,493 million de dollars) pour créer une zone de plantation expérimentale de 113 300 mètres carrés et, parallèlement, le bureau régional de la foresterie et des prairies de la région autonome a alloué un fonds spécial de 1,18 million de yuan (176 000 dollars) pour la protection des arbres plantés en hivernage.

Dans la base de test des « Grands projets scientifiques et technologiques pour la plantation d'arbres dans les zones très froides de Naqu », des ingénieurs en verdissement examinent l'équipement de surveillance automatique de mégadonnées à la station météorologique. (Liu Dongjun / Xinhua)

Dans la région d'Ali au Tibet, où il y a beaucoup de grès, une qualité de sol médiocre, un froid intense et un manque d'oxygène, une sécheresse et peu de pluie, il y a pourtant aussi de nombreux arbres dans les comtés de Pulan, Muir et Zanda. En 2018, huit villages du comté de Zanda ont fait leurs adieux à leur histoire de « villages sans arbres ». Selon le Département des forêts d'Ali, 45 473 hectares de reboisement et de lutte contre le sable ont été plantés dans la région d'Ali depuis 45 ans, de même que pas moins de 11 100 500 arbres. « L'ambiance est bien meilleure après que la ville soit devenue verte », a déclaré Jiayang, un cadre local qui travaille à Ali depuis plus de 30 ans.

Par Qiong Da Zhuo Ga et Shang Kaiyuan, journalistes au Quotidien du Peuple

(Rédactrice : Lucie)