Le récent déclin du yuan n’est pas une « manipulation »

Publié le 2018-07-25 à 10:49  |  French.china.org.cn

Selon les experts, une possible guerre monétaire serait néfaste pour tout le monde.

Lundi, la Chine a rejeté les accusations des officiels américains suggérant que la Chine aurait délibérément dévalué sa devise pour obtenir un avantage dans les exportations, affirmant que ces accusations infondées pourraient entraîner une guerre monétaire qui nuirait aux deux pays, ainsi qu’à l’économie mondiale.

A la suite du récent renforcement du dollar US contre le yuan, l’euro et d’autres devises, et dans un contexte où les actions commerciales américaines semblent avoir échoué à remporter des concessions de la part de la Chine, le président américain Donald Trump a usé d’un élément de langage politique vieux mais populaire, qui qualifie la Chine de « manipulateur » de sa devise, alimentant les discussions sur une possible guerre monétaire entre les deux plus grandes économies mondiales.

« Nous ne pouvons pas écarter la possibilité d’une guerre financière ou d’une guerre monétaire après la guerre commerciale. Lorsque ce point sera atteint, tous les outils auront été utilisés », explique Song Guoyou, le directeur du Centre de diplomatie économique de l’Université Fudan. Celui-ci ajoute que si les Etats-Unis mettent à exécution toutes leurs menaces, la guerre commerciale pourrait s’étendre à d’autres domaines: « Si une guerre monétaire éclate, elle sera clairement destructives pour tous », souligne-t-il.

Lors d’une interview avec la chaîne américaine d’information financière CNBC diffusée jeudi dernier, Donald Trump a déclaré que le yuan « chutait comme une pierre », ce qui désavantageait les Etats-Unis. Le président américain a fait suivre ce commentaire de quelques tweets, accusant explicitement la Chine, l’UE et d’autres pays de « manipuler » leur devise.

Dans un effort apparent pour calmer le marché, le secrétaire du Trésor des Etats-Unis Steven Mnuchin a déclaré vendredi, qu’il n’y avait pas de guerre monétaire, ajoutant cependant que « l’affaiblissement de la devise [créait] sans aucun doute un avantage déloyal » pour la Chine.

Pour Song Guoyou, Steven Mnuchin ne « représente pas entièrement » l’opinion du président américain, car « la partie la plus imprévisible de cette guerre commerciale est le comportement de Donald Trump lui-même ».

Selon lui, le président américain est « nerveux », car la récente dépréciation du yuan pourrait contrebalancer les droits de douane punitifs sur l’importation des produits chinois.

Le yuan a connu une tendance à la baisse et chuté de plus de 7 % depuis la fin du mois de mars. Lundi soir, il s’était cependant renforcé de 0,19 % à 6,7828 contre le dollar.

Lundi, lors d’une conférence de presse, Geng Shuang, un porte-parole du ministère chinoise des Affaires étrangères, a récusé les accusations de Donald Trump: « La partie chinoise n’a pas l’intention de stimuler ses exportations par le biais d’une dévaluation concurrentielle de sa devise. Il s’agit d’une position constante de la partie chinoise », a-t-il souligné.

Selon Lian Ping, l’économiste en chef de la Bank of Communications, la tendance à la baisse du yuan a été causée par une série de facteurs, incluant un dollar fort stimulé par les politiques économiques américaines et la hausse des taux d’intérêts américains: « Il n’y a aucun signe indiquant que la Chine interfère actuellement avec le taux de change du yuan », explique-t-il, soulignant que la guerre commerciale avait été initiée par les Etats-Unis pour faire pression sur le yuan.

« Le point de vue général est qu’en lançant une guerre commerciale, les Etats-Unis ont fait pression sur la Chine. Il n’est donc pas surprenant que les attentes du marché vis-à-vis d’une baisse du yuan se soient renforcées », engendrant un déclin dans sa valeur, note-t-il également.

Selon He Weiwen, un ancien conseiller économique et commercial des consulats chinois à San Francisco et New York, le renouvellement du point de vue de M. Trump sur le yuan sert principalement des fins politiques plutôt qu’économiques: « Aux Etats-Unis, qualifier la Chine de manipulateur de sa devise est une question politiquement correcte. [Donald Trump] veut faire de la Chine un bouc-émissaire. »

(Rédactrice: Caroline)

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