Des coopératives au profit des villageois pauvres tibétains

Publié le 2020-11-04 à 11:01  |  People's Daily

Tobgyal et ses compatriotes ont échappé à la pauvreté grâce à une coopérative de culture de fraises dans le village de Juphar, à Nyingchi, dans la région autonome du Tibet (sud-ouest de la Chine). Les 30 ménages de Juphar cultivent désormais des fraises, ce qui a valu au village isolé un nom plus connu : le Village de la fraise.

« Il y a dix ans, les villageois ici étaient si pauvres que beaucoup ne pouvaient même pas payer leurs factures d'électricité », a raconté Tobgyal, qui a conduit les villageois à se lancer dans la culture de la fraise en 2009. « La coopérative a envoyé des gens dans d'autres provinces pour apprendre la technique de plantation et a offert une formation de temps en temps ».

Le village compte désormais 56 serres de fraises et sa production annuelle de fruits est en moyenne de 28 tonnes. Les fraises sont vendues localement pour environ 40 yuans (6 dollars) le kilo. Les villageois ont également commencé à cultiver d'autres fruits, notamment des pommes, des poires et des cerises.


Chodron, un habitant du village de Juphar à Nyingchi, dans la région autonome du Tibet (sud-ouest de la Chine), présente des fraises récoltées cultivées dans une serre l'année dernière. Le village est bien connu dans la région sous le nom de « Village de la fraise ». (Li Xin / Xinhua)

Les touristes visitent le village en été et achètent les fruits bio.

« En s'engageant dans des industries telles que la culture de la fraise, le tourisme et le transport, les villageois ont vu leur revenu disponible par habitant augmenter à environ 38 000 yuans en 2019, et maintenant tous les ménages ont été équipés de douches, de toilettes et de purificateurs d'eau », a raconté Tobgyal, expliquant que les villageois jouissent désormais d'une vie confortable et prospère, tout comme les citadins.

Il y a plus de 300 coopératives dispersées dans la tentaculaire Nyingchi pour aider à réduire la pauvreté. Au cours des cinq dernières années, avec un investissement de plus de 3,97 milliards de yuans, la ville a développé 611 industries de lutte contre la pauvreté et cultivé plus de 400 entités de marché, dont 379 coopératives. Les entités de marché et les coopératives ont fourni des emplois à plus de 6 000 personnes à proximité de chez eux, dont environ 5 000 postes occupés par des personnes pauvres.

Pour autant, les habitants de Nyingchi ne comptent pas tous uniquement sur les fruits.

Ainsi, avec une altitude moyenne de 2 900 mètres, le village de Sergola, situé près de la rivière Yarlung Zangbo à Nyingchi, exploite une coopérative de moutons. Donbrup, qui vit à Sergola, a indiqué que la coopérative compte plus de 500 moutons et emploie 173 personnes de 33 ménages. Chaque ménage a gagné en moyenne plus de 5 000 yuans par an entre 2016 et l'année dernière.

Le village de Rongtse, dans le comté de Nyingchi, a pour sa part une coopérative de yak. L'idée de cette coopérative a été soulevée il y a des années par Kalsang Chokar, secrétaire du Parti du village. Son enthousiasme a été partagé par d'autres villageois après des recherches et des discussions approfondies, conduisant 80 ménages villageois à investir dans plus de 700 yaks en 2017.

« Les ménages n'avaient pas beaucoup de yaks eux-mêmes. Si les villageois les gardaient individuellement, ce serait un gaspillage de ressources de pâturage et de ressources humaines », a déclaré Kalsang Chokar. « En travaillant en tant que collectif, nous sommes en mesure de réduire les coûts et de protéger l'environnement ».

Au cours des deux dernières années, les villageois ont bénéficié de la coopérative grâce à la vente de lait, de fromage, de beurre et de poils de yak.

« Nous croyons qu'à long terme, la coopérative rapportera plus de bénéfices à nos villageois, et nous pouvons vendre de la viande de yak et produire plus de produits à base de viande de yak », a-t-il déclaré.

Les statistiques officielles montrent qu'il y a plus de pauvreté au Tibet que dans toute autre région de niveau provincial, et c'est la seule région de ce type répertoriée parmi les champs de bataille de lutte contre la pauvreté les plus difficiles du pays.

À la fin de l'année dernière, tous les résidents pauvres enregistrés de Nyingchi -23 893 personnes de 6 958 ménages- avaient échappé à la pauvreté.

(Rédactrice : Claire SHENG)